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PAGE ET RUBRIQUE « BUENOS AIRES HOY »


I – « QUAND LES JEANS EFFRANGES OUVRENT LE BAL TANGO »
paru dans « La Nación », Buenos Aires

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Le tango de papa, c’est fini ! Dans les milongas de Buenos Aires se presse une foule bigarrée d’adolescents envoûtés par les accents nostalgiques du bandonéon. Une passion contagieuse et un nouvel art de vivre.

La fille, là, celle avec un anneau au nombril, en minijupe fluo et tee-shirt court, épaules nues, cheveux teints coupés à la garçonne. Une petite nymphe fatale, une héroïne de bande dessinée, un bout de femme de 18 ans, une pile électrique qui t’envoie une décharge au premier contact. Le monsieur de 65 ans pose la main bien à plat sur la peau jeune et veloutée de son épaule. Tout à l’heure, en retournant s’asseoir à sa table, il soupirera : « C’est une machine à danser. Dommage qu’elle porte cet anneau ! »

Mais, pour l’instant, …

Pour suite voir sur

«Quand les Jeans Effrangés Ouvrent le Bal”, paru dans “la Nación », Buenos Aires

Lella Guerriero, paru dans « La Nación », Buenos Aires

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II – Rubrique «FABRICE LE BAROUDEUR»,

en goguette en Février 2008 (pour 1 mois) à Buenos Aires

(humour et second degré dans tout ce qui suit please)


CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 1, le 5 février,

« L’arrivée à Buenos Aires »

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Salut Eric

J’espère que tu vas bien.

Premier petit message pour donner de mes nouvelles des bords du Rio de la Plata.

Les choses se mettent en place doucement, tu me connais, je ne suis pas quelqu’un de pressé
Ca tombe bien, ici aussi ce ne sont pas des « furieux ».

Hier, je suis allé acheter une paire de chaussure, superbe.

Et je commence à faire des repérages, pour trouver où se trouvent les pratiques dans le quartier.
Trouver un cours sympa et pas trop loin, je n’ai pas envie de traverser toute la ville pour une heure de cours…

Pour la suite, voir

Rubrique «Fabrice Le Baroudeur», en goguette en Février 2008 (pour 1 mois) à Buenos Aires

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 6

« Amores Porteños »

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Hola todos,

Les porteños sont vraiment des gens agréables à vivre, nous autres parisiens, nous aurions quelques leçons de politesse et d’amabilité à recevoir de leur part.

Les argentins sont des personnes cultivées qui aiment lire, qui apprécient le théâtre et la bonne musique, en plus ce sont des gens extrêmement serviables qui vous renseignent toujours avec plaisir, personne ne vous bouscule dans la rue ou dans le métro (sauf aux heures de pointe) et tu ne verras jamais comme a Paris, un « petit con « affalé sur son siège pendant qu’il y a une personne âgée debout.

Si tu rencontres une personne 1 ou 2 fois, celle-ci se rappellera de ton nom et n’hésitera pas à traverser la rue pour venir te faire un abrazo fraternel.

De plus, il y a quelque chose de vraiment agréable pour moi, c’est qu’ils ne sont pas gonflants, ils sont respectueux de ton besoin d’intimité, il ne poussent pas à la dépense, tu peux aller traîner dans un magasin, sans avoir un vendeur sur le dos et tu seras très bien reçu, même si tu n’as rien acheté, non, non, moi je dis «total respect».

Il y a quand même une question existentielle qui me perturbe:

« Comment les porteñas font-elles pour dormir sur le ventre, avec les seins qu’elles ont? »

Non, franchement, je n’arrive pas a comprendre comment il peut y avoir autant de grosses poitrines dans le coin, c’est peut-être dû à l’alimentation, à la viande de boeuf qu’ils s’enfilent au kilo, mais l’Argentine c’est vraiment « le pays des gros lolos ».

Bon, pour parler un peu tango, sachez mes amis que tout va bien, j’ai pris mon rythme de croisière et j’ai vraiment l’impression d’apprendre des trucs, enfin, de travailler ce que j’étais venu chercher.

Hier comme tout les samedis, c’était une grosse journée, il y avait notamment un concert avec démonstration des profs de l’école D.N.I. (excellente école),

suivie par une bonne petite milonga entre potes, j’ai beaucoup dansé, notamment avec une amie vénitienne qui est aussi danseuse contemporaine

et alors quand l’alchimie se fait, c’est vraiment magique, quand vos deux corps sont en osmose, que vos deux souffles sont parfaitement synchronisés, vous respirez sur le même tempo, elle a confiance.

Pour tout vous dire, j’ai même eut une légère érection, ce qui en soit est plutôt agréable, mais peut se révéler gênant quand l’on change de partenaire.

Non, sérieusement, le Tango c’est beau, pour moi c’est la sensualité sans le sexe, c’est l’érotisme sans les « petits matins glauques », bref c’est le grand bonheur.

J’entame ma dernière semaine ici, je vais tâcher d’en profiter au max, mais bon, les meilleures choses ont une fin, et vous me manquez quand même tous un peu.

La petite phrase du jour nous vient de Tonton Eddy (Mitchell) et est assez à propos je trouve

« Pas de boogie woogie avant les prières du soir, Hoooo Yeah »

Portez-vous bien, mes amis, abrazo a todos

Fabrice

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III – CHRONIQUE « ANNE A BENOS AIRES »


CHRONIQUE « ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES »
MOIS DE MARS 2009

PART 1

« Premiers pas »

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ola !

bon çà y est, je l’ai fait. ma première milonga dans laquelle je suis allée a 1 heure du mat’ parce que j‘avais papoté avec des non pratiquants:

bref c’était sur San Telmo, au Dandy, recommandé par Fabrice, et puis à deux pâtés de maison l’hôtel donc « una ida et vuelta » (je traduis un aller et retour) à pied..

J’AVAIS FAIT UNE PROMESSE: AMENER MES premières chaussures là-bas, celles toutes usées qui m’ont accompagnée dès les premiers pas et les premiers pivots timides:

donc à trois, nous voilà à une table, une table de tanguera seule, et là je découvre les invitations au regard des gens. Beaucoup de quinquas assortis au décor stuc. pas question qu’on se rapproche pour inviter. on n’échange pas un mot!

çà n’empêche pas les discussions sur pistes, curieusement, entre les morceaux, çà commente:

et là, j’ai la grosse pensée . je suis un bébé tango Moquard (bébé tango Eric je préfère), alors on tient tout et on suit attentivement…

et çà s’est bien passé, exceptée la découverte de la tendance à être serrée, voire étouffée, çà c’était pénible, comme si on n’avait pas trop de droit de respirer, « el hombre dirige »… je vais voir si c’est toujours çà ou si j’ai eu les specimens dans cet endroit. C’est pénible car comme çà, je sens qu’ils m’attaquent l’axe, et qu’il faut lutter au lieu de danser…

un geste sympa, ma voisine de table, tanguera vers la cinquantaine à laquelle je raconte que ce soir, est unique, première milonga portègne, le regard est captivé par l’ambiance, va dire à un danseur la chose: et voilà l’invite.

L’argentin , évidemment, un superbe hidalgo les cheveux noués, … prof de tango qui me le dit après quelques tangos: et là çà sentait le prof qui testait, çà commence simple et puis çà tourne dans tous les sens, et vas-y que je vérifie si la jambe est libre, et si tu sais faire des jolis pliés, une fois après avoir bien testé l’axe, si tu regardes en bas, c’est la panique assurée.

à la fin, il m’a dit que c’était « muy bien » (les argentins sont gentils, on est a mille lieues de certains C.. du Rétro):

voilà !

un premier saut émouvant, moins impressionnée par le niveau des danseurs de l’endroit que par le decorum, et les symboles partout: je pense que j’aurai d’autres expériences de danse plus épanouissantes !

et puis, mes zapatos toutes usées sont rangées à l’hôtel à côté de deux autres paires (ben oui, j ai craqué) que je « ferai » en cours, vu leur patin en peau tout neuf qui m’effraie un peu, et puis, il faut qu’on fasse connaissance avant d’aller faire des pivots avec des inconnus, non, mais !

je suis bien partie pour rester sur Bs As, vu le temps maussade dans le Nord et puis c’est sûr, l’aventure vient tout juste de commencer, je vais en voir de toutes les couleurs…

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,

et cool tes premières impressions

je ne m’attendais pas à ce que, baroudeuse comme tu disais l’être, tu aies et prennes le temps de nous écrire

mais en tout cas, çà te fait un point de repère, même au-delà des continents

sinon, un bébé tango … Eric

(et maintenant ado)

je préfère 😉

j’ai l’impression que le test de l’hidalgo s’est plutôt bien passé

et surtout que tu es rentrée de plain pied dans une atmosphère qui n’a rien à voir avec celle de Paris

là où le tango est presque une religion, en tout cas quasiment un art de vivre, mais également de se comporter, un moyen ou même un instrument de convivialité (et non de repli sur soi)

sinon, là-bas, ils peuvent te faire des compliments (quand ils sont mérités) déjà parce qu’ils … savent bien guider, ainsi qu’apprécier les choses à leur plus juste valeur

mais sache aussi que si tu « la ramènes un peu trop » (ou si tu vas direct dans des endroits « moins humbles »), les argentins n’hésiteront pas à te la rabattre

« le tango, aux argentins » n’étant, dans certains lieux plus « côtés », surtout pas un vain mot

sinon, question, quand tu dis que les danseurs de l’endroit « t’attaquaient l’axe », c’est qu’ils le soumettaient à rude épreuve (en te testant de plus en plus) ou qu’ils ne faisaient pas trop attention (voire pas du tout)?

enfin, tu m’autorises à le mettre dans la prochaine newsletter et/ou revue d’effectifs (j’enlève juste les quelques coquilles)?

voire à le publier sur un de mes sites (faut juste que je trouve de … la place par contre (mort de rire))

très bonne suite

et à+tard pour les nouvelles aventures d’Anne (Rir2Raf) à Bs As

Eric

P.S. Evidemment, t’hésites surtout pas si t’as des questions (surtout … angoissantes ;-)) suite à tes expériences, à me poser

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CHRONIQUE « ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES »

PART 2

« ouh là là, la baffe »

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salut Eric

pas de problème pour la chronique: pour ce qui suit je te laisse apprécier….

là, je t’écris de Cordoba après bus de nuit. donc break côté tango.

côté tango, je ne suis pris une baffe la dernière fois

OULALA…. C’EST simple, j’étais tellement abattue que je t’aurais bien écrit en sortant de la practica ou plutôt en la fuyant au bout d une heure… – mais pas d’internet ouvert)

je ne la ramène pas, mais alors pas du tout, c’est juste l’impression que je ne sais pas du tout danser ici, serré, milonguero, la seule chose où j’avais de la confiance et de l’attention à savoir mon axe, il est plus perdendiculaire au sol et je ne peux plus regarder épaule et buste du danseur puisqu’ils se collent avec leur tête…. je m’emmêlais donc les pieds comme jamais, une cata… envie de fuir…les boules…

ils sont gentils, mais ad je me suis excusée en disant ce pourquoi j’étais perdue,

il y a un cabello qui a dit étonné

« mais le tango çà se danse comme çà, serrés, l’autre c’est bon pour la salsa… »

je me suis dit que j’avais pas appris la même chose: en regardant les danseurs cosmopolites, ils sont rares a être en semi milonguero. celui qui m’a donné un peu d’air était américain.

bref là, çà a été plaisir zéro et doutes existentiels d’avoir osé acheter des chaussures ….

une tanguera allemande m’a dit que j’avais appris l’european tango avec hauteur: çà condamne à ne danser qu’avec ceux de sa taille:

hier je pensais aller a la practice de DNI l’école que Fabrice aime bien, et puis je me suis baladé à la place, j’avais pas encore envie de me prendre une baffe, ne pas arriver à danser et partir au bout d’une heure

d’accord j’ai été voir le musée de Carlito… c’est pas mon genre: évidemnent, je regarde, je n’ai pas par contre la l’impression de ne rien reconnaître,

ouf ! ; o )

c’est tout de même dur car la musique est toujours aussi belle et envoûtante …..

donc je remonte dans le Nord pour sortir découvrir autre chose, çà a l’air tellement beau,

et notamment voir si les gens sont aussi sympas car j’ai été conquise par la gentillesse portègne qui fait que je pratique mon espagnol studieusement Assimilé laborieux, mais çà me permet de parler un peu, d’avoir leurs conseils et des échanges souriants et déjà des bons souvenirs au coin de la rue

yes

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,

oui, c’est pour çà que je te disais de ne pas hésiter à écrire

et désolé si j’ai mis un peu de temps avant de répondre

mais écrire à quelqu’un (qui comprend ce genre de trucs (alors que ta famille ou tes proches ne le peuvent pas))

permet souvent de commencer à évacuer ce genre de trucs

et une fois écrit, hop çà passe

en tout cas de commencer à trouver un sens plus précis à ce que tu as ressenti, éprouvé, vu, entendu

ce d’autant que je peux t’apporter des éléments de réponse (et de même pour Fabrice)

qu’est-ce que tu appelles en l’occurrence semi milonguero?

ou peut-être veux-tu plutôt dire qu’il sont en fait rares à être en semi-milonguero (donc à te donner un peu d’air)
oui, ce que je n’ai pas eu le temps de te dire, puisque tu n’es pas trop venue les dernières semaines avant ton départ…

c’est qu’il peut y avoir autant de tangos que … d’endroits

et que chaque endroit te dira que le tango c’est comme çà

chaque endroit a sa propre vérité, sa propre histoire, ses propres pratiquants

c’est ce qui peut être assez perturbant quand on ne s’y attend pas (ou même pas du tout)

si tu vas dans un endroit plus jeune, ce sera plus jeune, donc çà dansera en jean, mal habillé, en se tenant (plus ou moins) mal, en dansant ouvert, sur des musiques plus récentes, et tu te sentiras a priori mieux

si tu vas dans un endroit où çà danse plus chorégraphique, style démo, ce sera donc plus chorégraphique

si tu vas dans un endroit où çà ne danse que milonguero, comme en plus, t’aimes pas trop çà, « t’es … morte » 😉

il y aussi sans doute des endroits où çà danse …mal (sourire) entre vieux qu’ont jamais pris de cours et qui pratiquent en gros une espèce de tango de guinguette (mais en pas bien du tout)

et ces endroits ne communiquent pas trop entre eux

des univers quasi parallèles

avec chacun leurs vérités

qui t’accueillent souvent avec des vérités définitives

et ne sont pas toujours très accueillants pour les étrangers (ou en tout cas pour leur égos)

(avec souvent en toile de fond, un peu toujours le même leitmotiv, ou idée sous-jacente, plus ou moins insidieux(se) « le tango argentin aux argentins », et toi l’étranger, « tu ne la ramènes pas trop », ce qui est d’ailleurs aussi un peu normal)

c’est sans doute pour çà qu’il vaut mieux (en tout cas pour toi) chercher des endroits qui te conviennent

plus débutants

plus avancés

plus ouverts

plus milongueros

plus fantasias

plus nuevo

qui te seront plus adaptés selon ton niveau, selon ton style,

mais aussi selon ton envie ou ton humeur du moment

En guise de conclusion

fais gaffe (pour ton ego) aux endroits où tu vas (je parles en termes de tango, pour le reste…)

si tu vas dans un endroit où çà ne danse QUE milonguero, et en plus à l’ancienne (serrés, sans liberté), tu seras nécessairement désorientée, voire tu te sentiras carrément mal
mais tu peux y aller un jour où tu as envie de faire des expériences (mais vas alors plutôt dans une pratique, plus débutante, tu seras moins larguée et moins le moral à plat, si çà se passe un peu moins bien)
où tu peux également en profiter de ton passage là-bas, justement pour prendre des cours … milongueros

et tu me (nous) raconteras 😉
aie enfin à l’idée que certains argentins ne dansent pas si bien que çà ou même pas bien du tout

(pourquoi danser si serrés?, et ainsi ne quasiment pas pouvoir bouger, je suis certain qu’il y a plein d’argentines qui n’aiment pas çà, ou pas tant que çà, et en tout cas, les européennes, très très souvent, n’apprécient logiquement pas)

voire, pour certains, ne dansent pas du tout

donc … çà doit aussi te permettre de relativiser tout çà
sinon, ne t’inquiète pas

les mauvais souvenirs (ou plaisirs) partiront

alors que les chaussures, elles, elles … te resteront 😉

quand tu iras ailleurs

ou quand tu reviendras à Paris
sinon, hum, tu ne peux pas trop danser milonguero non plus avec un petit

il ne faut pas rêver

dans le genre « vérité définitive » assénée de manière péremptoire et définitive, çà se pose un peu là…

tu as appris le tango avec … l’équilibre et plus de liberté (lol)

et le milonguero aussi (mais comme t’aimes pas trop çà et que t’es pas une fana ;-))

enfin oui, Carlos Gardel, c’est et çà reste quelque chose, même 80 ans après

monumental

ERIC

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CHRONIQUE « ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES »

part 3

« Merci pour le décryptage »

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salut Eric,

merci beaucoup de cette précieuse et détaillée aide au décryptage !

tu traduis très bien ce que j’ai pu voir, et ressentir sans comprendre tout.

çà me confirme qu’il n’y a rien de dramatique, la frustration de ne pas arriver à danser étant passée:

Fabrice aussi m’a fait un retour explicatif très sympa, et bourré d’optimisme: comme tu le dis, dur de pouvoir en discuter avec quelqu’un qui n’a pas connu çà.
J’avais choisi tout de même pour mes trois sorties, trois lieux dans la liste de ceux que Fabrice aimait bien.

pour le dernier comme je lui ai écrit, j’ai été surprise que ce ne soit pas néo tango, comme c’était annoncé: tu vois, c’est pas faute d’avoir essayé de trouver un endroit qui correspondait !!!

En attendant de me replonger dans le tango, je poursuis mon périple. je déguste le vin de San Juan et me fait le Parc d’Ischigualasto demain.

J’improviserai a la gare routière demain soir pour la suite:

merci encore beaucoup de ton mail

Anne.

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CHRONIQUE « ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES »

PART 4

« Un pur moment de plaisir »

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salut Eric !

Le tango est parfois là où on ne l’attend plus et le hasard m’a fait un clin d oeil il y a quelques jours dans une petite ville du Nord, a Jujuy…

alors que je savourais en me baladant l’idée d’avoir rendez vous avec un biffe de chorizo incroyable, c’est a dire juste argentin, j’ai été attirée par des notes de tango qui retentissaient sur le petit kiosque de la place de l’Indépendance…

Et là, évidemment, je file droit au but et je découvre une petite milonga en plein air, une poignée de personnes,….

mais quels danseurs ! et ils faisaient respirer leurs abrazos … une ambiance de Quais de Seine, des gens du coin qui regardent, une bonne ambiance généreuse:

je me plante là et du coup on me demande si je danse… oh que oui, juste je temps de courir à l’hôtel prendre les chaussures car je suis en tongues.

Chaussée, de suite sur piste et là quel plaisir !!!!! ils ne m’écrasent pas le dos et je tourne , et je suis… après un premier tango, mon danseur (9 ans de tango) me dit que je danse bien, est étonné:

les deux autres après pareils: ils me remercient vraiment, ils sont contents ! et quels danseurs, des planeos superbes, ils font des ganchos comme on marchent, c’est sûr qu’il ne faut pas les déséquilibrer ni regarder en bas !!!

ceux qui dansent a Jujuy sont un petit nombre mais ce sont des accrocs… une superbe jeune danseuse fait des volcadas magnifiques:

on papotera ensemble ensuite et elle me dira pratiquer depuis 10 ans… et me dira que ses habituels tangueros lui ont dit que je suivais vraiment bien:

la question, c’est « mais tu as appris où ??? »

en apprenant mon temps d’apprentissage, je ne résiste pas au plaisir de te répéter ce que m’a dit l’un d’eux.

« et bien, t’as vraiment un bon prof! il s’appelle comment?? ah Enrique, esta muy buen professor!!! »

autour il y a des gens du coin qui applaudissent:

vraiment un superbe moment convivial, avec des gens qui vivent leurs tangos préférés avec le coeur qui bat et qui ont envie de partager çà en invitant la mère de famille pour partager çà.

voici le petit lien internet du lieu

http://www.plazasdetango.blogspot.com/

lieu d’autant plus magique car il m’a réconcilié avec le tango et les argentins, confirmation nous arrivons à nous retrouver, c’est bien ce que j’ai appris!

Je tenais vraiment à te raconter tout çà !

Là je passe mes deux dernières soirées sur Bs As, vais faire un petit tour en milonga, mais quels que soient les futurs tangos, je suis rassurée intérieurement !

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,
comme quoi, je te disais, tout dépend vraiment de l’endroit

chaque endroit a son propre tango

comme chaque personne a, porte et emporte son propre tango en elle-même

et de fait, tu sembles danser mieux quand …

… tu danses avec … de bons danseurs

et encore mieux quand tu danses avec de très bons danseurs
à méditer pour nos amis « étouffe-danseuses »

qui semblent n’avoir aucune idée de ce que sont équilibre,

liberté, ou encore espace et mouvement d’une danseuse

et qui leur assènent et leur font subir sans sourciller

tout le poids de leur suffisance

ainsi que bien entendu de leurs insuffisances
sinon, je vois que de

  • Profesor de la Escuela de Tango Eric (selon Fabrice),

  • je suis ensuite devenu récemment « père des bébés tango … Moquard » (Anne V),

  • puis maintenant Enrique (pour nos amis argentins ;-))

c’est amusant
ceci étant dit, je pense aussi que tu étais particulièrement en forme et bien disposée après ton périple dans le Nord de l’Argentine où tu as du t’en mettre plein les mirettes, ainsi qu’emmagaziner des souvenirs pour des années
ce qui confirme aussi que quand tu es en jambes, avec de (bons) danseurs qui respectent ton équilibre, ton axe ou même simplement ton espace et ton mouvement (ou en ont simplement … conscience), tu peux désormais faire face à peu près à tout ce que tout bon danseur t’intime
voili-voilou

la suite au prochain épisode

mais pense toujours (quand çà va mal) que le tango ce sont des hauts et des bas, des bonnes surprises et des moins bonnes, des sautes de moral parfois terribles ce parce que visiblement le tango, surprenamment engage (et questionne?) visiblement la personne tout entière

très bonne suite et à+tard

Eric

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CHRONIQUE « ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES »

PART 5

« A la Confiteria Ideal »

ou

« un Zoo Ideal »

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salut Eric,

autre expérience portègne tango sociologiquement intéressante hier, pour la chronique, qui te ferait peut être hausser les sourcils si tu as de beaux souvenirs en ce lieu:
hier soir, fourbue, je me suis tout de même motivée pour voir le lieu mythique de la Confiteria Ideal, le décor de milonga parfait, désuet, celui des films de tangos qui font qu’on imagine une milonga portègne dans un décor tout de boiseries…

j’étais très curieuse de le voir car en entendant parler, il y avait toujours un bémol dans les discours.

Dans le guide du Tango a BA de Fabrice, au fil d’une description émouvante du lieu,

je lis tout de même, qu’il y a un côté un peu kitsch, très touriste, et dans la liste de Fabrice, cette phrase superbe

« superbe, à voir au moins une fois pour les tronches…. » qui emporte ma décision de voir çà.

oui c’est sûr, cela valait vraiment d’être vu : des quinquagénaires archi-fardées qui osent les robes olé olé, fort courtes, des dos nus aux dos défraîchis, des petits bonhommes qui dansent avec, pressés tout contre plutôt que dansant.

Un couple fait des figures et la cavalière a autant de tenue qu’une poupée de chiffon, lève les pieds flexes à chaque fois,

on a l’impression qu’elle n’en peut plus et suit contre son gré, une guimauve tanguera le tout avec une mine hautaine… incroyable.

parce qu’en plus, l’ambiance n’est guère à la modestie, même si c’est pour les yeux un tango pas terrible. Cà se rentre dedans souvent…

l’ambiance n’est pas très chaleureuse, chacun son groupe, les quinquas aux courtes robes sont à l’affût du gibier.

les touristes brésiliens, ou d’ailleurs, des couples…

ce soir-là, à mon sens, les portègnes ne sont guère les plus nombreux.

à quelques exceptions près, çà sent la session des 10 cours à Buenos Aires.

Invitation vers la fin du tango, le bordel pour s’asseoir, là, les règles de la milonga se sont effacées pour le touriste qui veut se donner un genre (« yes, I danced tango in this great amazing place… »)

le danseur qui marche à défaut de danser, serre évidemment, mais pas de ces marches qui font vivre le tempo du tango, non, plutôt la marche du tango des 10 cours…

seul rattrapage, à un moment un orchestre se met à jouer, et là, la magie de la Cumparsita sous le plafond de la Confiteria Ideal, c’est quelque chose que même le zoo idéal de ce soir-là n’arrive pas à avoir fait totalement disparaître.

Ouf….

Anne

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REPONSE BIBI (laconique)

« oui, un bestiaire absolument édifiant! »


Voir aussi

« Buenos Aires Hoy » ou « Buenos Aires Aujourd’hui »…