Le Point sur le « Tango Nuevo »: « qu’est-ce que c’est? »

Ou « qu’est-ce que … c’était? »

Ecrit et actualisé en ce mois d’Octobre 2016

Depuis plus de 10 ans, la question se pose et est posée, les têtes de proue (supposées) du mouvement (Chicho, Sebastian et Mariana) sont sondées, interrogées, les danseurs prestigieux plus anciens (Eduardo Arquimbau) sont parfois questionnés, les dits rénovateurs mais de la génération de juste avant (les Gustavo, Pablo et Fabian des années 90) également bien entendu …

Cela ne reste toujours pas très clair…
Pas … pour tout le monde en tout cas…

Il semblait donc intéressant de faire le « point », ce d’autant plus avec le recul du aux années qui sont passées, avec une SYNTHSE qui se fait ou s’est faite AVEC LE TEMPS, finissant souvent de donner une bonne distance aux choses ainsi qu’une meilleure appréciation de celles-ci… :-)))

Pour apporter des BONNES REPONSES, il est coutume de dire qu’il faut déjà essayer de se poser LES/des BONNNES QUESTIONS.

Donc dans l’ordre (ou dans le désordre), cela pourrait donner QUELQUES-UNES DES QUESTIONS SUIVANTES…

  • Le Tango Nuevo, cela se passe QUAND exactement?
  • Le Tango Nuevo, qu’est-ce que c’est?
  • Le Tango Nuevo, qui c’est? Ou qui cela concerne-t’il?
  • Cela se passe où?
  • Est-ce que çà existe vraiment?
  • Cela se base sur quoi?
  • Cela se fait comment?
  • Est-ce de la Danse, de la Musique, de la Danse et/ou de la Musique?
  • Est-ce ce que l’on peut considérer le tango nuevo comme un style? (de danse)
  • Certaines personnes parlent de méthode d’analyse (du mouvement) et d’enseignement? Qu’en est-il vraiment à ce niveau?
  • LE TANGO NUEVO l’est-il vraiment? … NUEVO?
  • Qu’est-ce que le tango dit nuevo apporte … véritablement?
  • Est-ce du marketing? Seulement du marketing?)
  • Y-a-t’il eu des abus (de langage, des appropriations), voire « arnaque » sur la matière?
  • Y-a-t’il eu vraiment des recherches faites dessus (par les danseurs eux-mêmes, par des chercheurs)?
  • Quid du nuevo tango d’Astor Piazzolla?
  • Existe-t’il des principes fondateurs?
  • Quid de l’avis des anciens?
  • Y-a’t »il des écrits, une bibliographie? Des interviews?
  • Est-ce seulement une autre querelle d’anciens ou de modernes? Ou le fruit une incompréhension?
  • Pourquoi est-il assez souvent mal perçu?
  • Et aujourd’hui? Et maintenant? Qu’en est-il?
  • Qu’en reste-t-il?
  • Un BIG retour en arrière tout récemment?
  • non exhaustif

 

Cependant, certaines questions appelant visiblement des réponses conjointes, qui se recoupent, voire complexes, ou encore dépendant des réponses qui seront données (et parfois multiformes ou conditionnées) aux autres questions, il ne semble pas possible d’y répondre pour l’instant une par une…

Il faut donc essayer de procéder différemment.

A la fois plus instinctivement mais tout en gardant une certaine méthode.

Donc déjà essayer de se poser la question et de répondre à la louche à cette question base « qu’est-ce que le tango nuevo »?

Histoire d’avoir une 1ère approche, une 1ère idée.
Pour essayer ensuite de recadrer le binz par le biais d’une méthode qui serait appropriée.

Les 1ers éléments de réponse des danseurs eux-mêmes concernant le tango nuevo

Il m’a semblé intéressant d’utiliser des éléments de réponse donnés par certains de plus grands danseurs contemporains.

Afin de voir si on peut déjà tirer de ces témoignages une 1ère idée assez précise.

  • Donc la réponse de CHICHO, en substance, sur la question de ce qu’est le tango nuevo, est la suivante: je ne sais pas vraiment, pour ce qui me concerne, je considère que je danse LE TANGO, mais on peut peut-être parler davantage parler de tango nuevo au niveau de la musique? (=électro-tango)
  • La réponse de PABLO, en substance: le tango dit nuevo n’est que le produit de l’évolution permanente dudit tango, il ne doit pas être défini en opposition au tango d' »avant », il continue juste son évolution, sinon on pourrait dire qu’il y aurait plein de tangos nuevos, ou encore que je suis moi-même l’un des inventeurs du tango nuevo.
  • La réponse de GUSTAVO, LE rénovateur des années 90: en substance, le tango nuevo définit et/ou creuse de nouveaux principes, plus exigeants, ouvre ainsi de nouvelles possibilités TRES intéressantes, en termes de démonstration, de nouveaux principes de danse donc de technique, ainsi que d’esthétique
  • Une autre piste ou un autre éclairage intéressant, enfin, celle concernant l’enseignement, qui amène justement à (re)préciser qu’avant les années 90 (c’est-à-dire celles de la rénovation), c’est-à-dire jusque dans les années 80, l’enseignement, assez didactique, consistait surtout à montrer des figures, sans forcément expliquer comment faire pour (bien) les réaliser, et que cette nouvelle méthode de théorisation et de réflexion sur le comment faire et comment trouver de nouvelles pistes d’innovation, justement initiée par les rénovateurs (Gustavo, Pablo et Fabian en têtes de liste) dans les années 90 avaient amené à un très net bond qualitatif dans la transmission et l’enseignement du tango. Tant dans les années 90 qu’ensuite dans les années 2000. Avec de meilleurs professeurs, de meilleurs élèves, qui devenaient profs et ainsi de suite….

Mon avis, étayé, pouvant s’appuyer justement en partie sur ce qui précède

Mon avis instinctif reste en fait quasi inchangé depuis le début.

Il s’est juste complété de 2-3 notions, notamment sur ce qui concerne l’enseignement, sur lequel je n’avais pas de billes ayant moi-même commencé à danser et à apprendre dans la toute fin des années 90.

Il est donc peu ou prou le suivant.

Et semble d’ailleurs reprendre dans une espèce de synthèse intuitive ou instinctive l’ensemble de ce qui est dit par tous ces grands maîtres et danseurs.

D’abord discuter des bases sémantiques du raisonnement

Qui dit nuevo, dit nouveau, dit quasiment toujours rupture avec le pré-existant.

Sinon on ne peut réellement parler de nuevo.

Or le tango argentin a TOUJOURS évolué. Quoi que voudraient en dire ses soit-disant défenseurs du temple qui voudraient le figer à telle ou telle époque (souvent les années 40, de l’âge dit d’or)

Le terme tango nuevo semblerait indiquer une rupture avec le tango d’avant.

Or justement … il n’y a pas eu de rupture au niveau de la danse dans les années 2000. Juste une continuation de l’évolution initiée par les « rénovateurs » dans les 90’s.

Ou alors même, on pourrait considérer que ce sont les rénovateurs EUX-MEMES qui auraient initié cette rupture (si l’on peut considérer qu’il y a eu rupture à cette époque des 90’s).
Ce que eux-mêmes nient d’ailleurs soit-dit en passant, puisqu’ils disent eux-mêmes danser … le tango, constituer un pont ou un maillon dans la chaine entre avant et après (nous sommes tous dans le même bateau (Chicho)), l’avoir juste fait évoluer, l’avoir théorisé, développé, poussé dans ses retranchements (théoriques, géométriques et chorégraphiques) également.

Et donc un NUEVO qui lui veut dire « Rupture », celui de Piazzolla

Le NUEVO tango d’Astor Piazzolla marquait lui une très nette rupture avec le tango dit traditionnel.

Au niveau musical s’entend.

Il n’était en effet, selon les dires mêmes de son créateur, absolument pas fait ou prévu pour danser, et donc absolument pas composé, et en aucun cas, pour les danseurs.

A ce niveau, on peut donc considérer qu’il constituait une rupture, et qu’il justifiait pleinement le terme de « nuevo ».

Le terme NUEVO serait davantage légitimé pour ce qui concerne la MUSIQUE (élctronique, qui effectivement marque une rupture avec le tango d’AVANT), sachant qu’il conviendrait alors d’employer un AUTRE terme que le terme NUEVO qui a été utilisé par et pour le Tango Nuevo d’Astor Piazzolla

Le terme tango nuevo semble en effet mal approprié (et/ou maladroit) dans la mesure où il induit une confusion et un amalgame pas très heureux avec le nouveau courant musical des années 60 que constituait le nuevo tango d’Astor Piazzolla.

Ou parce qu’il laisse présupposer que c’est un peu la même chose (ce qui n’est pas le cas).

Un autre terme semblerait donc plus adapté.

En effet, le tango nuevo en tant que musique (si l’on considère le tango dit électronique ou encore électro tango) semble constituer une sensible rupture par rapport au tango traditionnel (années 40 de l’âge d’or et avant), par rapport au tango moderne (années 50, comme la danse dite moderne), au tango contemporain et même par rapport au tango nuevo de Piazzolla.

Le terme nuevo semblerait donc plus adapté par rapport à ladite évolution de la musique (une rupture, de fait), mais pas non plus tout à fait et complètement … approprié puisque ce terme avait déjà été employé pour et par le nuevo tango d’Astor Piazzolla.

Il semblerait alors plus juste de parler de tango électronique, d’électro-tango, voire donc de néo-tango (plutôt que de tango nuevo) au niveau de la musique.

Ainsi le terme Néo-Tango (ou néotango) est-il à un moment apparu, pour désigner grosso modo ces tangos du 21ème siècle composés et/ou joués, ainsi qu’orchestrés au 21e siècle. Comprenant par contre TRES souvent la FUSION des sons ELECTRONIQUES et ACOUSTIQUES.
Dont on peut citer, parmi les précurseurs, et les plus connus, LE précurseur Gotan Project, ainsi que Tanghetto, Bajofondo Tango Club, Electrocutango ou encore Narcotango (Carlos Libedinsky) … Il y en d’autres, bons ou moins bons.

Le terme « Nuevo », ne semble par contre pas approprié en ce qui concerne la danse (en tout cas, si l’on parle dans l’absolu)

S’il y a eu rupture, elle semble d’évidence avoir bien davantage été réalisée par les rénovateurs dans les années 90, que dans ses prolongements dans les années 2000.

D’ailleurs, les danseurs désignés comme têtes de gondoles (parfois marketing) de ce « nouveau » mouvement des années 2000, se revendiquent eux-mêmes comme danseurs de … tango, comme les élèves de leurs maîtres (vieux milongueros inclus) et disent eux-mêmes que les pas et figures et enchainements de tango nuevo ne constituent qu’une extension ou évolution de ce qui existait DEJA avant.

Chicho disait que TOUT ce qu’il connaissait, il le tenait de Gustavo Naveira.
« Pris dans sa folie créatrice », il aurait juste continué de le pousser un petit peu plus loin.

Si l’on parle de manière plus nuancée (ou relative), mais … SANS faire d’opposition (souvent stérile) avec le passé

Si l’on évoque les choses de manière plus nuancée ou relative, il convient cependant d’admettre que de nouveaux principes de nouveaux mouvements ont davantage été creusés dans les années 2000, ainsi que poussés dans leurs retranchements (défier l’axe, systématiser l’exploration et la traque de nouvelles pistes (toutes les toupies colgadas par exemple, toutes les altérations…)).
Ils ont réellement apporté de nouvelles choses, de nouvelles pistes, de nouveaux principes (y compris à un niveau marketing ou commercial, il ne faut pas se leurrer), mais CHOREGRAPHIQUES également (pour l’expression du tango, ainsi que pour les spectacles).
Sans cependant qu’on puisse parler de révolution, mais bien plutôt et préférant très nettement le terme d’évolution … continue, puisque ne marquant pas de véritable rupture avec ce qui précédait donc.
Personnellement, quand je voyais danser Pablo et Chicho danser et parfois travailler ensemble (lors d’une mémorable séance sur les quais de seine par exemple), je voyais 2 danseurs différents certes, mais également bien bien similaires sous bien des égards (le niveau technique et la quête permanente, étudier, chercher, créer, trouver, confronter, théoriser et + , même si cela finissait parfois par ressembler plus à des arts martiaux qu’à de la danse :-)))).

CHACUN ayant ses spécificités bien entendu.

Avec plus de style et de qualité du mouvement chez Pablo (avec un travail de danseur nettement plus poussé, puisqu’il a étudié bien d’autres danses, en profondeur selon ses propres termes (claquettes, salsa, rock-swing…), avec des chorégraphies fixées à l’avance afin de concrétiser ses nouvelles recherches (exemple dans la leçon de tango, qui a reçu bien des récompenses internationales (Argentine et States) pour ses chorégraphies).
Avec beaucoup plus de travail sur l’improvisation pour Chicho (qui le tenait sans aucun doute de Gustavo), sur la création du moment, la musicalité, le tango … de bal également (un peu …paradoxalement pourrait-on dire, mais Chicho se dit lui-même être un danseur de bal et de milonga, allant tous les soirs dans les milongas pour danser 7j/7 donc).

Donc oui, quelques mouvements ou principes nuevos mais dans le prolongement de ce qui avait été initié dans les 90’s

Donc oui, dans cette optique, on peut dire que les volcadas, colgadas, toupies, soltadas, voire altérations constituent clairement des mouvements ou principes nuevos, mais tout en sachant qu’ils existaient souvent déjà en fait avant, ne serait-ce que partiellement et que leur théorisation et/ou développement ont seulement davantage été poussés qu’auparavant.

Sans aller cependant dans certains excès assez ridicules poussant par exemple certains à dire que les tours (ou giros) ont été inventés par les nouveaux « gourous du nuevo », sachant que cela est EVIDEMMENT complètement … FAUX. :-)))

Ce puisqu’ils existent depuis des décennies.

Et au niveau de l’enseignement, nuevo?      …    (et du marketing, nuevo également?)

Gustavo, Fabian, Pablo ayant développé les grands fondamentaux théoriques rénovateurs du  tango fantasia et déjà nuevo avant l’heure (c’est MON opinion), et notamment Gustavo, en ayant fait largement bénéficier leurs élèves dans des master classes parfois mémorables (tous les profs ou danseurs à « ambitions » d’Europe et d’ailleurs allant justement dans les master classes de Gustavo (plutôt que de celles de Osvaldo Zotto par exemple, qui enseignait avec générosité mais encore à l’ancienne, c’est-à-dire en montrant, en répétant, en expliquant un peu (je ne nie rien du tout, j’ai adoré les premières master classes d’Osvaldo auxquelles j’ai assisté)), on peut dire que depuis les années 90, jusque dans les années 2000, on a sans doute constaté une TRES sensible amélioration de l’enseignement durant ces 2 décennies.
On apprenait vite et mieux. Techniquement. Avec de meilleurs profs mieux formés techniquement, théoriquement, plus pédagogues aussi, puisque pouvant s’appuyer justement sur de nouveaux principes beaucoup mieux théorisés que ce qui existait avant.

Mais avec des limites également, puisque, voir plus bas, certains de ces nouveaux mouvements ont été un peu totemisés, certainement à des fins marketing, et sont allés à l’encontre de ce qui avait été initié dans les années 90 (permettre de développer, comprendre, inventorier de nouveaux mouvements, pour DEVELOPPER la danse et ses possibilités), et non seulement se fixer sur certains mouvements, les répéter et ainsi figer la danse, comme cela a souvent été le cas.

Mais quid de l’essence du tango justement?

Justement, elle s’était peut-être un petit peu perdue en route … (dans l’enseignement justement, voir interview de Chicho à ce titre assez édifiante).

C’est peut-être seulement là qu’est le problème justement.
Ce qui avait été initié dans les années 90 (se baser sur une méthode structurelle de la danse pour permettre de développer, comprendre, inventorier de nouveaux mouvements, et DEVELOPPER la danse ainsi que ses possibilités, et non la figer) semble avoir été légèrement dévoyé.
Les années 2000 ont vu une certaine fixation s’installer sur certains mouvements, et ont amené des danseurs au niveau technique insuffisant (et encore pas assez développés au niveau du ressenti, de la perception de la danse), répéter ces mouvements totémisés et ainsi figer la danse. La méthode d’analyse qui devait permettre de développer la danse sur un plan personnel, pour chaque danseur, en est donc arrivée, cela a souvent été le cas, à former des zombies « nuevos » (par le biais des élèves, et des élèves des élèves) qui ne ressentaient plus grand chose, n’écoutaient pas la musique, ne respectaient pas le bal, sa nature, les anciens, se concentrant sur leurs mouvements amples et débordants (puisque de scène) ne savaient pas circuler, sinon prendre toute la place sur la piste et/ou rentrer dans un peu tout le monde.

Dansant un peu dans tous les sens, pas très bien, sans exprimer … grand chose. Sinon qu’il avaient essayé d’amortir leurs cours et stages « nuevos ».

Alors oui, sans doute, à la lumière de ce qui précède, on peut aussi considérer que l’enseignement était devenu « nuevo », mais toujours dans le prolongement du mouvement initié par les rénovateurs dans les années 90.

A la fois plus de qualité technique, mais aussi une essence du tango qui s’était un peu perdue en route.

*

En 1ère conclusion, peut-on nier que le tango nuevo existe (a existé), ainsi que ce qu’il apporte (a apporté)?

A mon sens, bien sûr que … non, éternelle querelle des anciens et des modernes, le tango a toujours existé et existera (sans doute) toujours, mais il a aussi toujours évolué, s’est toujours nourri, enrichi, développé, et CHAQUE nouvelle génération de jeunes danseurs a apporté (logiquement) sa nouvelle pierre.
On ne peut donc ni nier l’aspect innovation du tango des années 2000 (Chicho parlait de bouillonnement créatif)…

… ni non plus se dispenser de parfois apporter quelques réserves, sur certains excès subis, notamment dans certaines piètres circulations de bal voire juste absolument désastreuses et surtout irrespectueuses voire dangereuses pour les autres danseurs eux attentionnés, ainsi que sur une transmission seulement partielle d’un certain héritage.

Que Chicho s’il en parle ne définit pas véritablement (même si personnellement, je le comprends)

Sebastian Arce et Mariana Montes qui ont fait les mêmes constatations que Chicho sur les dérives de certains de leurs élèves ( ou d’élèves de leurs élèves …… ) ont ainsi tenté d’introduire dans leur enseignement la recherche du « ressenti », la prééminence de la communication sur la reproduction d’un mouvement préétabli.

Cependant mentionner le fait a contrario également, concernant ces problèmes de gestion du bal et de sa circulation,  que certains des danseurs plus anciens ou dits plus traditionnels (et râlant contre les excès chorégraphiques de bons nouveaux danseurs) étaient parfois tout aussi dangereux en bal

  • avec le bras à l’horizontale
  • ou leur coude gauche souvent mis à l’équerre,
  • venant harponner le dos du danseur qui précède sans parfois en avoir même simple notion, ou sans penser à s’excuser
  • et leur notion parfois bien restrictive de ce qu’est une REELLE bonne gestion du bal (du genre, moi  je circule bien, ce sont les autres qui ne savent pas circuler, je recule ou déboite sans faire attention, et je ne m’excuse pas, et c’est ma partenaire qui le comble, servant pourtant de pare-choc ou bouclier humain, souvent s’excuse à ma place…!!)

A contrario, ne savent souvent pas non plus danser LEUR tango dit traditionnel en suivant la musique? (et sachant que la musique, ce n’est pas seulement le tempo, « bien marcado »)


Le passage à la rubrique « Questions tous azimuts » maintenant, histoire d’essayer de continuer à passer au crible le phénomène du Tango dit Nuevo

Sur cette base de détermination plus ou moins instinctive (mais basée cependant sur une réflexion ou un ressenti personnels à la base assez poussés), j’applique désormais ce que j’appelle « la méthode des questions tous azimuts » (bien utiles dans les disciplines de l’ingénieur, du consultant ou même du journaliste pour essayer de finir de creuser un sujet bien à fond).

Histoire d’essayer de voir quels enseignements supplémentaires on pourrait tirer pour continuer d’affiner ce qu’on peut penser le tango « dit nuevo ».

A noter qu’il y aura forcément des redites voire des redondances, puisque si les angles d’attaque sont différents et complémentaires, on parle bel et bien toujours de la même chose, multiforme et complexe, sur laquelle on se casse la tête.

Le Tango Nuevo, QUAND cela se passe-t’il exactement?

Pour moi, années 90, les rénovateurs, avec certaines spécificités poussées plus avant dans les années 2000 effectivement.

  • Le Tango Nuevo, qu’est-ce que c’est?

voir plus haut

  • Le Tango Nuevo, qui c’est?

Pour moi, d’abord les rénovateurs, ensuite les continuations de plus qu’une rénovation, dans le cadre d’une innovation continue en fait

  • Cela se passe où?

Dans le monde entier. En argentine.
En Europe également. Y compris (et surtout?) dans sa forme dévoyée…

On peut cependant noter que Paris a hébergé successivement les Pablo Veron, les Chicho, Sebastian et Mariana.
Et que les Gustavo, Fabian et Osvaldo (Zotto, pas un rénovateur mais un grand danseur), ou Gavito passaient assez régulièrement sur Paris, dans les Festivals et/ou en tournée.

Plus maintenant, maintenant on a les .. marathons de tango.
Hum, hum, pas du tout la même « came »…

Et pas du tout le même niveau.
Les Festivals çà va encore, mais les marathons…

Bref…
Autre question… (sourire)

  • Est-ce que le tango nuevo existe vraiment?

Dans l’absolu, voir plus haut, il semble que non. Il n’est qu’une évolution, pas une révolution. Donc il n’est pas vraiment nuevo.

Sauf … musicalement.

Mais d’une manière plus relative et nuancée (plus … intelligente?), oui, voir plus haut.
Si l’on englobe cependant par exemple TOUTES les évolutions depuis les années 80 (c’est-à-dire depuis la période de sortie des dictatures militaires)

  • Sur quoi se base(rait) le tango nuevo?

la recherche, l’innovation, la création, les trouvailles, l’évolution continue, la théorisation, sur un film fondateur (la leçon de tango, en 1998 je crois), sur le … marketing également (dans les années 2000 donc)

  • Comment le tango nuevo se danset-t’il?

  1. de préférence après avoir appris en premier … le tango !! (Sebastian)
  2. en connaissant déjà son essence (Chicho)
  3. en connaissant et respectant le bal, toutes les générations (Chicho)
  4. en sachant circuler dans un bal, et respecter les autres (si, si c’est possible…)
  5. en étant déjà un danseur confirmé aurais-je tendance à dire, c’est-à-dire, niveau avancé voire donc professionnel (puisque certains des mouvements sont clairement destinés à la scène et la démonstration) .
  6. Ou de bon niveau intermédiaire minimum, avec déjà un bon ressenti, une bonne notion du bal…
  7. une bonne interprétation musicale y compris personnelle également (dans le registre improvisation et musique, Milena Plebs ne dit-elle pas : « …l’interprétation musicale n’est pas littérale …….. ce qui est merveilleux dans le tango c’est la possibilité d’utiliser la musique de façon aléatoire et personnelle »)
  8. enfin un minimum de culture tango également (pour en pressentir l’essence) n’étant clairement pas un luxe.
  • Est-ce de la Danse, de la Musique, de la Danse et/ou de la Musique?

Voir ci-dessus, en partie de la musique (avec la rupture électro)

De la danse également (en continuation de l’innovation fantasia des années 90 mais avec quelques spécificités nuevos)

  • Est-ce ce que l’on peut considérer (ou doit-on considérer) le tango nuevo comme un style de danse?

Il semble qu’un certain nombre de personnes considère le tango nuevo comme un style de danse. A mon sens, comme de celui des plus ou moins fondateurs, le tango nuevo est un style de danse, mais seulement dans la mesure où le tango milonguero est également un style, ainsi que le sont le tango fantasia, le tango canyengue, le tango orillero…
Il est complémentaire des autres styles (en fonction de la musique et de la manière de danser sur cette musique) mais pas un style exclusif en soi.
Et s’utilise un peu comme un outil (qu’on prendrait dans une boite à outils qu’est et fournit le tango) en fonction de la musique, du ressenti, du bal également

  • Certaines personnes parlent clairement de méthode d’analyse (du mouvement) et d’enseignement? Qu’en est-il vraiment à ce niveau?

Les fondateurs eux-mêmes du « mouvement » ou les experts grands danseurs (notamment les rénovateurs) en parlent justement comme d’une manière intéressante, pertinente et très poussée d’analyser le mouvement, la technique du tango, de la passer au crible. De la compréhension également voire surtout. Pour permettre d’en développer les (riches) possibilités, et surtout de nouvelles possibilités non explorées jusque-là.

Mais qu’en est-il plus précisément?

À partir des années 1990 à Buenos Aires, le Groupe d’enquête Tango (transformé plus tard en l’organisation Cosmotango) fondée par Gustavo Naveira et Fabian Salas a appliqué les principes de la danse kinésiologie de danse moderne pour entreprendre d’analyser et passer au crible la physique du mouvement dans le tango argentin. Prenant ce qu’ils ont appris de cette analyse, ils ont alors commencé à explorer de la manière la plus exhaustive possible TOUTES les possibilités de mouvement dans le cadre du tango argentin. A partir du travail de ces fondateurs du mouvement du Tango des rénovateurs (ou des prémices du Tango Nuevo), le changement intervenait dans tous les styles de tango pour permettre également de passer de « QUOI ENSEIGNER » (en le montrant et le reproduisant par copie) à « COMMENT LE DANSER » (en pouvant commencer à l’expliquer, et donc en le comprenant et l’intégrant dans son cadre de compréhension élargi de ce qu’est le tango).

En 2009, Gustavo Naveira publiait un essai sur le New Tango dans lequel il déclarait: «Il y a une grande confusion sur la question de la façon de danser le tango: est-ce que cela concernait la technique, la forme ou le style?
Le terme Tango Nuevo, est souvent utilisé pour désigner. un style de danse, ce qui est une erreur.
En réalité, il est TOUT ce qui est arrivé avec le tango depuis les années 1980. Il n’est pas une question de style …
Les mots Tango Nuevo expriment ce qui se passe avec la danse du tango général;. à savoir qu’il évolue « .
Par conséquent, comme Gustavo Naveira et les autres fondateurs du mouvement Tango Nuevo le disent, tous les styles de tango ont été influencés par l’analyse de la danse, et seraient tous, EN SOI, du Tango Nuevo .

  • Est-ce que le tango nuevo l’est vraiment, … nuevo?

Oui et non, voir ci-dessus

= Il innove mais ne marque pas non plus une rupture.

  • Qu’est-ce que cela apporte … vraiment?

De nouvelles pistes d’investigation, et de nouvelles manières, de nouveaux outils méthodologiques de compréhension et de développement pour le faire.

Et, dans les années 2000, certains … excès également…

  • Est-ce du marketin? Ou seulement du marketing?

Non, sans doute pas, mais … le marketing a sans doute également contribué à créer ne serait-ce que le nom et l’espèce de labellisation un peu abusive d’un tango qui serait dit nuevo
(mais à ce compte, comme le dit fort justement Pablo, il y aurait plein de tangos nuevos, plein de couches ou strates de tango nuevo, et lui-même devrait être considéré comme l’in des créateurs du tango nuevo).

Ainsi que le nom, faisant partie d’un package dit nuevo, de certaines figures.

  • Y-a-t’il eu des abus (de langage, des appropriations), arnaque sur la matière?

Clairement oui,  comme le dit Pablo, un tour = giro ce n’est pas du tango nuevo (donc là, c’est clairement du foutage de gueule :-)))
Ou de l’inculture la plus complète, donc également du foutage de gueule.

Et ne pas savoir circuler dans un bal (tango nuevo on non tango nuevo), ne pas savoir écouter la musique, ainsi qu’avoir la prétention d’enseigner le tango nuevo à … des débutants (ou des tout juste intermédiaires), c’est juste ignorer ce qu’est le tango et de fait, c’est doublement et même triplement pas loin d’être une ABERRATION.

  • Y-a-t’il eu des recherches (menées par les danseurs eux-mêmes, par des chercheurs)?

Voir plus haut, à partir des années 1990 à Buenos Aires, le Groupe d’enquête Tango (transformé plus tard en l’organisation Cosmotango) fondée par Gustavo Naveira et Fabian Salas a appliqué et transposé les principes de la danse kinésiologie de danse moderne pour analyser la physique et la structure du mouvement dans le tango argentin. Prenant ce qu’ils ont appris de cette analyse et méthode d’analyse, ils ont alors commencé à explorer TOUTES les possibilités de mouvement dans le cadre du tango argentin.

Cette analyse novatrice, fine et originale reposait sur la déconstruction du mouvement. Elle devait être faite par CHACUN dans le but d’explorer ses propres possibilités et limites, ainsi que dans le but de danser dans davantage de confort et une relation renforcée dans le couple de danseurs.

Un parallèle avec le nuevo Tango d’Astor Piazzolla

Ce qui était l’application 30 années plus tard mais en matière de … danse  de ce qu’Astor Piazzolla avait tenté et réussi à faire en matière de musique tango, à savoir qu’il avait réussi à définir une nouvelle structure harmonique et mélodique mais sur une base très traditionnelle.
Ce grâce à sa formation de musicien classique particulièrement poussée.
De leur côté, les rénovateurs et de fait fondateurs du véritablement tango nuevo s’appuyaient parallèlement sur une similaire analyse structurelle des mouvements de la danse, tirée de la danse moderne, ce afin de l’appliquer au tango argentin.

Cette originalité impliquait DE FACTO un changement radical au niveau de l’enseignement, fondé jusque-là  sur une méthode didactique et empirique , qui devenait individualisée et adaptée aux possibilités de chacun et non sur un corpus de séquences ou mouvements enseignés à un groupe.
Ceci expliquant certainement au passage que Gustavo Naveira préférait que les élèves prennent DES NOTES (compréhensives) plutôt que filment les séquences travaillées en cours (pour seulement essayer de les reproduire).

A partir du travail d’analyse et de réelle compréhension du mouvement de ces fondateurs du mouvement du Tango des rénovateurs, le changement intervenait et pouvait se répandret dans tous les styles de tango pour permettre de passer grosso modo au niveau de l’enseignement au stade « quoi enseigner » (en le montrant) à « comment le danser » (en pouvant commencer à l’expliquer).

Mais cette méthode d’investigation personnelle, de recherche sur soi, qui devait conduire à un enseignement nouveau, a en fait abouti exactement à l’OPPOSE de ce que recherchaient les fondateurs du tango nuevo dans la majorité des cas.

Alors que le tango argentin était souvent enseigné par l’apprentissage de séquences ou techniques codifiées, le tango nuevo reposait et visait à reposer sur la création PERSONNELLE.
Considérée à tort comme un style (si ce n’est en termes de seules conséquences), l’enseignement du tango nuevo s’est souvent manifesté par la seule reproduction de séquences par des élèves de niveau insuffisant (pour qui les mouvements du tango nuevo étaient un nouveau Graal à atteindre et s’approprier), copiant et reproduisant ces séquence de manière stéréotypée, sans aucun sens artistique ni réelle appropriation et compréhension.

Le principe originel personnalisant très intéressant du tango nuevo était donc complètement dévoyé. Pourquoi?
Sans doute parce qu’en Argentine, la musique reste toujours quoi qu’il arrive la pierre angulaire du tango.
Alors qu’en Europe (par exemple), les éléments liés à la danse prennent souvent voire quasi systématiquement le pas sur les aspects musicaux du tango argentin, sur lesquels se basent pourtant la danse tango.

Ceci étant, tous ces innovateurs et créateurs (jeunes souvent) ont cherché, investigué, développé et trouvé, continûment, pendant plusieurs années
Jusqu’au moment où ils se sont arrêtés de trouver (voire de chercher) et ont  commencé à se reposer sur leurs acquis, voire … sur leurs lauriers.
Pour devenir les nouveaux anciens (ou les anciens modernes).

Pour ce qui concerne la recherche par des chercheurs  extérieurs (ou donc pas les danseurs eux-mêmes), il semble qu’il n’y en ait pas vraiment eu, pas vraiment, mais quelques articles intéressants existent cependant çà et là, qui témoignent d’une lecture et analyse du phénomène considéré (et parfois d’un recul et d’une réelle synthèse de ce qui s’est réellement passé, il est bien connu que les artistes créent, parfois sans comprendre ce qu’ils font réellement et pourquoi (là, ce ne semble pas être le cas) et que ce sont souvent les critiques  (d’art), des témoins ou des intervenants extérieurs qui expliquent, témoignent, essaient de décrypter), je vous suggère donc d’aller y jeter un coup d’oeil (voir plus bas, liens ci-dessous)

  • Quid du nuevo tango d’Astor Piazzolla?

Astor Piazzolla a révolutionné le tango dans les années 1950 par l’introduction de nouveaux instruments tels que le saxophone et la guitare électrique, et a apporté de nouvelles formes de structure harmonique et mélodique dans l’ensemble de tango traditionnel.

Ce nuevo tango était vraiment nuevo, constituait vraiment une rupture, n’était même pas fait pour les danseurs, dont Piazzolla lui-même disait ne pas se soucier, complètement, soit-dit en passant.

Mais donc, le nouveau tango dit nuevo est en lui doublement un abus de langage, et induit assez maladroitement une confusion à ce niveau-là.

Comme le dit Pablo, certains aimeraient faire croire qu’ils sont des Piazzolla, ce qu’ils ne sont pas (et j’ajouterai, loin de là)

Et le tango nuevo ne l’est pas réellement, nuevo…

  • Existe-t’il des principes fondateurs?

Voir plus haut les principes développés par les rénovateurs, puis les danseurs « plus nuevos ».
Gustavo lui-même le dit, des résultats tangibles et magnifiques en ont découlé.
« Le Tango Nuevo n’est pas un style de plus; il signifie tout simplement que la danse du tango grandit, s’améliore, se développe, s’enrichit, et et en ce sens que nous allons vers une nouvelle dimension dans la danse de tango … Le résultat de ceci est une danse avec de plus en plus de possibilités, et aussi d’une qualité beaucoup plus artistique ».

  • Quid de l’avis des anciens?

Eduardo Arquimbau: « le tango a toujours évolué, dès qu’il y a suffisamment de jeunes nouveaux danseurs, le tango évolue. Il explique comment la danse a changé avec chaque nouvelle génération, au gré de sa pratique et des improvisations ».
Il explique comment, « dans les années 1940, de nouvelles possibilités apparurent, de nouveaux pas ayant émergé de l’imagination inventive et des «corps énergétiques des jeunes danseurs ». Il rappelle aussi « comment les nouveaux jeunes danseurs étaient curieux au sujet de la danse des«viejo milongueros», mais bien sûr, la danse qu’ils avaient repris de ces vieux milongueros n’aurait alors plus le même aspect, en raison à la fois de leur corps plus souples et de leurs énergies bien différentes et du fait que les temps avaient simplement changé ».
Pablo Veron, itou mais en … un peu plus critique
Gustavo Naveira, en bon rénovateur authentique et fondateur, semble, dans le prolongement de la méthode qu’il avait élaborée, ne surtout voir que les résultats tangibles, les avantages de sa méthode, et sans doute surtout voir ce qu’il a pu en tirer pour lui-même (ainsi que pour les danseurs (et professeurs) qu’il a pu former)

  • des écrits, une bibliographie?

voir plus bas

  • des interviews « éclairantes »?

voir plus bas

  • une autre querelle d’anciens ou de modernes? Ou surtout une incompréhension?

une querelle d’anciens et de modernes, oui certainement et non, pas tout à fait…

une incompréhension, peut-être mais …

.. plutôt une … critique, plus légitime, en fait:

en effet, quand les apôtres du tango nuevo rentrent dans tout le monde en bal, trainent leur partenaire sur le sol (sic), ne dansent pas en musique, ne dégagent rien ou pas grand chose, et/ou se déclarent inventeurs de choses qui … existent depuis des décennies, il est normal que çà agace…. un peu (sourire)

Et donc qu’ils se fassent légèrement remettre les idées en place, ainsi que quelque peu remonter les bretelles si besoin …

  • Pourquoi est-il assez souvent mal perçu?

Voir plus haut

  • le fait que les principes poussés du tango nuevo, sont de fait très « exigeants » (Gustavo) (puisqu’ils visent à continuer à développer les possibilités du tango) et nécessitent de fait une bonne maitrise préalable de tous les pré-requis du tango lui-même (Sebastian, « tu veux que je t’apprenne le nuevo?, si tu veux, mais je t’apprends d’abord le tango »).
    En clair, il faut d’abord savoir danser le tango, avant de prétendre apprendre ou développer des nouveaux pas du tango nuevo.
    En un poil plus décrypté, le tango nuevo est un tango fait pour ceux qui maitrisent déjà les très bonnes bases du tango (puisqu’il prétend par exemple défier l’axe), il est donc réservé de fait plutôt aux danseurs … avancés voire professionnels!!!
    Et pas aux débutants. Il faut en effet déjà savoir tenir debout, marcher, mettre un pied devant ou derrière l’autre avant de prétendre utiliser les contrepoids. Logique…

Mais il semble en fait que quand on parle d’incompréhension, ce soit surtout d’une incompréhension de ce qu’est réellement le tango nuevo, ses méthodes et ce à quoi elles devaient servir (mais par ses soit-disant apôtres justement)

Ce sont plutôt eux qui semblent ne pas avoir compris ce qu’était le tango nuevo, et semblent l’avoir dévoyé.
A leur décharge cependant, Cghicho dit lui-mpême qu’il a sans doute « manqué quelque chose dans l’enseignement du tango, de ce qu’il est vraiment, son essence, et de ce qu’il a pourtant profondément en lui à l’intérieur ».
Ainsi « les élèves sont perdus, sans repères, n’ayant pas pris les informations à la source (les vieux maîtres milongueros notamment) », dont Chicho lui-même dit tenir.

  • Et aujourd’hui? Et maintenant?

On est (beaucoup) moins dans cette querelle.
On est passés à « autre chose ».
A contrario même, après les excès (tout chorégraphique) de la dernière décennie, on va aujourd’hui dans l’excès inverse.
On fait du tango de bal, sans commencer par le tango dit ouvert (qui amène à maîtriser l’équilibre, l’abrazo ouvert, la technique, les bases et les fondamentaux, la technique également).
Mais on continue à … ne pas savoir

  • ce qu’est une ligne de danse (sic),
  • à louvoyer sur la piste,
  • occupant 2 ou même 3 lignes (sans compter les pas d’avance imprévus ou de recul, pour l’occupation continue variable et aléatoire de 9 spots (« je suis incapable de prévoir ce que va faire un danseur de nuevo »), au lieu d’un seul spot occupé!!!),
  • et donc peu ou prou à « rentrer dans tout le monde dans les bals », (sic),
  • « sans penser même un seul instant à s’excuser dans ce cas »… (re sic).

 

Et ces jeunes nouveaux nouveaux quasi autistes se trouvent livrés à ces contradictions DE BASE, quand désirant assumer quelques ambitions (autres que de simples danseurs de bal) et plus personnelles rapport au tango (c’est-à-dire essayer de devenir « quelqu’un » dans le tango, entreprendre de donner des cours, d’enseigner, de faire des démos également), et bien, doivent commencer par reprendre … les bases (ou ne pas le faire), mais sans les avoir apprises, comprises ou appliquées avant.
Le tout en ayant chopé des défauts infernaux au niveau de la posture, de l’équilibre, de l’abrazo,  de la technique de bal et plus démonstrative, chorégraphique.

Les débuts (dans ces nouvelles contrées chorégraphiques; s’ils étaient humbles au moins), donnant souvent lieu à moults sourire(s) :-)))

A ce titre, il semble qu’à Paris, on passe désormais pour des clowns dans les grands festivals en province (de type Tarbes) ou à l’étranger, tu … m’étonnes. :-))))

Et je ne parle pas des marathons où ces phénomènes se produisent, et reproduisent (et s’entretiennent). Pas du tout la même came hein .. ;-))

Mais bref, ceci est un autre débat….

  • Alors que reste-t-il du tango nuevo aujourd’hui?

Il reste du tango nuevo quelques années plus tard beaucoup moins de choses qu’avant où tout le monde donnait « à fond » là-dedans (soit en allant dans son sens, soit en allant à l’encontre et critiquant, fustigeant souvent vertement, sévèrement (et pas forcément intelligemment).
Avec tous les excès attenants.

Mais les danseurs plus anciens, ayant connu les diverses et successives évolutions (par couches et strates) du tango sur Paris depuis plus de 20 ans, ont pour eux désormais TOUS leurs bagages techniques du tango, à peu près complets.

Technique et de bal…

Alors que les nouveaux jeunes danseurs, ayant des « ambitions », sont ou seront de toute manière quasiment obligés de passer par le tango fantasia, et donc aussi par une partie de son histoire (technique), c’est-à-dire également par le tango nuevo.

Et certains de ses acquis (techniques) « sociaux ». :-))

  • Un BIG retour en arrière tout récemment?

Certes, voir plus haut.

Mais les lois de l’évolution feront toujours qu’à moins de mourir (certains ne sont pas très optimistes), le tango reprendra de toute manière à un moment sa marche en avant, avec ses têtes de proues plus anciennes  mais restant en l’état en état de maîtrise (plus ou moins complète) de leur discipline (ils forment de toute manière les futurs très bons danseurs).
Alors que les futurs très bons danseurs, ayant eux ambition de l’être et de le devenir, et qui, s’ils veulent devenir très bons dans leur discipline, doivent et devront toujours en revenir aux bases de TOUTE discipline, c’est-à-dire qu’avant de prétendre maîtriser, puis créer, innover, devront d’abord commencer par étudier, le pré-existant, l’état de l’art, l’histoire de sa discipline, pour finir d’apprendre (on copie, on se trompe, on reproduit)…
… pour comprendre, assimiler et développer ses propres spéciaux, en le faisant à SA manière, (on diverge, digresse, développe son propre style et/ou enfin ses propres spécificités, innovations, spéciaux ou concepts innovants, parfois uniques …) :-)))

Il convient et suffit alors d’essayer de faire une BONNE synthèse du meilleur des 2 mondes, l’ancien et le moderne, le traditionnel et le … nouveau (ou nuevo).

 

A finir de … compléter :-))