——————–

2 – Gustavo NAVEIRA, « un rêve qui danse » au Latina, et « l’improvisateur qui se rebiffe » au Balajo

Gustavo, j’en avais entendu parler, j’avais vu des démos ou vidéos

= « très bien mais … sans plus » (sourire)

je l’avais aussi vu dans la «Leçon de Tango», où s’il était évidemment très bon

il souffrait un petit peu de la comparaison avec Pablo

– qui cependant avait lui absolument tout chorégraphié

– et avait un film tout entier (quand même!) créé pour, par et autour de lui

J’avais aussi entendu parler de sa capacité largement louée à improviser en démo (qui pouvait cependant se quelque peu retourner contre lui (quand il était mal inspiré ou quelque peu … imbibé, ce qui arrivait parfois))

Je l’avais aussi entrevu en Master Class

(où c’était évidemment très très bien, étonnant même, avec une impression étonnante de puissance, mais je n’avais fait que l’entrevoir à travers une glace, puisque j’avais préféré ce jour-la Master Class d’Osvaldo Zotto…

(ce alors qu’une bonne majorité des aficionados avaient choisi la Master Class de Gustavo)

Bref je ne savais pas encore tout à fait…

——-

Alors j’ai en fait 4 souvenirs très précis de lui

 

a – la première fois que je l’ai vu, sur scène à l’Espace Wagram, et honnêtement sans doute pas la meilleure

au Festival International de Paris organisé à l’Espace Wagram par Alain de Caro il y a pas loin de 10 ans

je l’avais vu en spectacle, où il était assez … moyen …

… comparé … aux autres évidemment)

mais je ne savais pas encore qu’il improvisait sur scène

donc était à la merci d’un jour sans

j’ai d’ailleurs également oui dire le lendemain qu’il était un peu limite … bourré ce soir-là (sourire)

d’ailleurs, en comparaison ce soir-là, Osvaldo Zotto était un aigle sur scène, avec une présence véritablement impressionnante

b – puis le lendemain dimanche, il était étonnamment IMPRESSIONNANT (comparé à sa prestation sur scène) au travers d’une baie vitrée lors d‘une MASTER CLASS

mais j’avais donc préféré ce jour-là Osvaldo Zotto (pour la Master Class)

ceci étant, pour l’anecdote qui traduisait l’image phénoménale de Gustavo auprès des tangueros et aficionados de la place parisienne et d’autres horizons, sachez que quasiment tous les très bons danseurs de Paris et des environs (jusqu’aux pays avoisinants puisque c’était un festival international) étaient allés à la Master Class de Gustavo

mais je ne l’avais entrevu que quelques 2-3 minutes à travers cette fameuse classe, le temps d’ensuite aller à la Master Class de Zotto

c – vint alors la 1ère GRANDE REVELATION et le 1ER MEGA-SOUVENIR au Balajo, avec « GUSTAVO, L’IMPROVISATEUR QUI SE REBIFFE »

soir où là j’ai commencé à vraiment comprendre « pourquoi Gustavo était Gustavo »

c’était un dimanche au Balajo dans le Quartier de Bastille donc, à l’époque des grandes soirées tango au Balajo du dimanche

et ce dimanche soir, devait se dérouler une démonstration de Gustavo donc

c’était donc la première fois que je le voyais en démo à proprement parler

(avec un contexte de démonstration qui offre une bien plus grande proximité que dans un Festival)

avec sa réputation qui à la fois le suivait et le précédait, de grand improvisateur devant l’éternel, ce sans doute parce que éternel réticent à devoir chorégraphier ses apparitions

mais ses improvisations étant de fameuse réputation, je l’attendais donc de pied ferme sur ce terrain-là

donc voilà

1er morceau de musique, 1ère chorégraphie, et bien honnêtement ?

bof, bof, très bien évidemment, mais comment dire, sans génie, sans la petite étincelle qui vous emporte

Gustavo était un peu en roue libre, sur ses acquis, çà se sentait et çà se voyait

avec des applaudissements également à l’avenant, cad également bof, bof, tout à fait mesurés, venant ponctuer cette prestation de tout à fait moyen tonnage

c’est alors que je vois le visage de Gustavo s’assombrir, il se vexe un peu visiblement de l’accueil qui est réservé à ce qu’il vient de produire

quelque peu remonté (çà se voyait, çà se sentait), il se rebiffe, l’improvisateur se rebiffe

et la 2e démo est absolument EXTRA-OR-DI-NAIRE

et là, je découvre donc vraiment le bonhomme pour la 1ère fois

et pourquoi il a la réputation qu’il a parmi les véritables amateurs de tango

à la fois hyper technique, vraiment balaise

mais avec une fluidité et un feeling en plus, que dire… extraordinaires, un technicien hors pair, puissant

mais aussi un artiste, un vrai…, avec le supplément d’âme en plus

et une manière de bouger…!

technique, fluidité, feeling, supplément d’âme

ce qui était sa (double, triple, quadruple) marque de fabrique, absolument incomparable

et la salle explose en applaudissements cette fois

avec un petit sourire de contentement de Gustavo qui nous l’a jouée fine (en … sortant la grosse artillerie) cette fois😉

Gustavo qui …

se rendort plus ou moins pour la 3e démo (mdr)

mais cette fois-là, j’ai véritablement découvert l’animal

et une partie de l’arsenal impressionnant, véritablement hors norme et tout terrain, dont il disposait véritablement

j’avais en fait commencé à découvrir… pourquoi Gustavo Naveira était Gustavo Naveira…

d – puis, la 2e REVELATION et le 2e MEGA-souvenir, un samedi soir au Latina, l’ancien Latina),
avec … « GUSTAVO LE REVE QUI DANSE
 »

 

Gustavo était donc revenu à Paris, pour un autre Festival je pense

et cette fois avec Giselle-Anne, sa nouvelle partenaire cette fois bien identifiée(contrairement à ses partenaires précédentes)

(nouvelle partenaire mais pas encore compagne je pense ?)

ety le samedi soir, les danseurs du festival donc se retrouvent (pour certains) au Latina

avec des tables partout, du bruit, les gens qui mangent…

mais il était malgré tout possible de danser autour des tables… (sic)

avec Gustavo qui à un moment se lève donc pour aller danser, et Giselle-Anne le suivant

Quelques pas de marche, d’échauffement, pour « lancer la bête » (sourire), des pas lents, imprégnés de recherche de la musique, de LA sensation, puis…

… c’est là que tout commence

= LA 2E REVELATION 

Cad qu’au bout de quelque 1,2 minutes de prise de température,

Gustavo « met en route », et commence à réellement … DANSER

(et DANSER EN MAJUSCULES SVP)

«GUSTAVO, UN REVE QUI DANSE » était en route

Giselle-Anne était habituellement assez froide dans sa danse avec ses partenaires(également assez souvent peu identifiés), plaçant et tournant la tête ainsi que le regard contre la tête et le regard de son partenaire

(cad avec des visages tournés l’un vers l’autre en V, avec une impression de tension dans la nuque, ainsi qu’à toujours à regarder plus ou moins par terre ce qui se passe (comme si elle surveillait ce que son partenaire faisait)

Elle se met cette fois « dans la niche », c’est-à-dire la tête contre la joue de Gustavo , lui laissant là toute latitude à l’entraîner là où il veut…

C’était la 1ère et la seule fois que je la voyais ainsi littéralement « s’abandonner »

Et Gustavo et Giselle-Anne vont ainsi danser pendant 1 h !

Avec des tables partout, du bruit, et des gens qui … bouffent (sic)

Et Gustavo et Giselle-Anne qui dansent donc

Et Giselle-Anne qui s’abandonne complètement

On est juste quelques-uns debout, 5-6, appuyés contre les piliers, à être absolument sidérés par la scène qui se déroule devant nous, complètement « smashés ».

Et à se demander, à voix haute

« mais les gens ne … se rendent pas compte de ce qui est en train de se passer ? »

« GUSTAVO, UN REVE QUI DANSE »

Gustavo était parti comme dans un rêve

à bord duquel Giselle était montée avec lui, était montée à bord, absolument consentante, abandonnée

Absolument indescriptible. Les mots ne suffisent pas à décrire, c’est à voir, à ressentir, pour seulement avoir une idée…

Et peut-être même d’ailleurs, était-ce le jour où … l’idylle entre Gustavo et Giselle-Anne avait rééllement débuté? 🙂 et😉

En tout cas, une scène incroyable, que je n’avais jamais vue et …

… que je n’ai jamais revue depuis…

Voilà, c’était donc GUSTAVO LA (DEUXIEME) REVELATION

 

et donc mon (petit) témoignage sur …

… un … GRAND danseur

absolument UNIQUE MEME…!

parce que GUSTAVO, c’est tout simplement GUSTAVO

ou NAVEIRA

et c’est un danseur quasiment MYTHIQUE chez les véritables aficionados du tango, parce qu’UNIQUE, complètement A PART

parce que à la fois très grand technicien et novateur, ainsi qu’artiste

quasiment mythique, plus même sans doute que Pablo (Veron) et Osvaldo (Zotto)

Gustavo le boss, LE Rénovateur…

et en ces 2 occasions, j’avais réellement compris pourquoi…!!

——————–