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IV – UN QUATRIEME LEXIQUE ENUMERATIF DU TANGO: « LE TANGO NUEVO, LA DANSE »

actualisé le 30 septembre 2010

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a – D’ABORD ESSAYER DE DEFINIR LE TANGO NUEVO, la danse

(à ne pas confondre avec le style de musique « nuevo tango » initié par Astor Piazzolla dans les années 60)

A tout bien, tout honneur, commençons par essayer de définir ce qu’est le TANGO NUEVO (la danse), par rapport au tango argentin qui serait dit « traditionnel »

En tout état de cause, il n’y a pas 2 tangos distincts, le tango traditionnel et le tango nuevo, il y a le tango argentin, traditionnel, nourricier, dont dérive et duquel découle bien évidemment depuis quelques années seulement le « tango dit nuevo ».

Le tango nuevo étant une version plus « jeune », plus récente, plus « actuelle », plus « branchée »…?

(hum, et profonde ironie, que les jeunes gens qui se disent « branchés (=ringards?) » du tango, qui ne ressemblent à rien, aillent donc dans les vraies soirées branchées de la capitale, avant d’oser même utiliser le terme branché (voire même à la mode ou populaire)…

Je suis sûrement un peu dur, mais il n’y a à mon sens pas plus dérisoire et débranché que les gens « branchés » du tango. Des jeunes qui sont déjà vieux? Bref…

… avec une musique parfois dédiée, ayant en tout cas coïncidé avec son émergence, le neo-tango ou électro-tango,

une manière de danser un peu différente (plus « sportive »?, avec l’émergence d’un nouveau style de figures, un peu différentes),

ou plus cool (le style de danse associé au neo-tango ou électro-tango étant justement appelé TANGO COOL en Argentine, sachant pourtant qu’a contrario, il n’est pas toujours très facile de danser sur le neo-tango (qui a des rythmes intermédiaires, facilitant somme toute moins les figures traditionnelles)…

une manière de s’habiller plus décontractée (typiquement jean, baskets voire chaussures de montagne (sic)), en tout cas plus ouverte aux « diverses disgressions (agressions?) de style vestimentaire » (cad aussi parfois carrément mal fringué ou habillé disons-le)

et une manière de se comporter également un peu différente (les codes n’existent plus vraiment, les salutations aux anciens ou aux soit-disant « sommités » (en Argentine en tout cas) ne sont plus obligatoires… (ce qui n’est pas forcément un mal d’ailleurs)

avec une manière de danser plus débridée, moins maîtrisée, moins travaillée (en termes de style et d’allure), cad disons-le également, parfois (ou souvent?) sans style du tout… (sourire)

une manière de danser plus ouverte aux nouvelles figures dans tous les sens (ganchos, sacadas, volcadas, toupies…), donc moins académique, moins traditionnelle, moins stylisée, moins codifiée, moins musicale également (si on est sur le rythme, on est parfois très très loin de l’esprit, du spirit, du feeling de la musique ou de la chanson sur laquelle on danse.

et donc moins respectueuse des « grandes figures chorégraphiques plus traditionnelles réalisées d’une manière académique » (telles que certains tours, ou surtout certains enroulés…)

Cette nouvelle manière de danser, un peu diférente mettant alors en oeuvre ces nouvelles figures en apparence plus spectaculaires (en termes de nouveauté essentiellement)

mais également plus faciles à réaliser que certains superbes traditionnels enroulés ou autres fgures chorégraphiques « bien pêchues » (et certainement pas ouvertes à tout le monde).

L’ATTRAIT DE LA NOUVEAUTE (et de la facilité)?

Cad qu’il devient également plus facile aujourd’hui
– de faire une volcada de base
– qu’un beau tour (pour les danseuses)
– ou encore et surtout un bel enroulé (pour les danseurs)

Bref, un tango nuevo qui évolue…

A suivre…


AVEC DES NOUVELLES FIGURES (RECENTES) QUI DECOULERAIENT DAVANTAGE DU STYLE TANGO NUEVO (que du tango fantasia plus traditionnel)?

b – LES COLGADOS ou COLGADAS (littéralement SUSPENSIONS ou encore équilibres en contre-poids)

qui sont donc une espèce d’équilibre en contre-poids (avec par exemple le principe du contrepoids que le velliplanchiste accorde à sa voile dans laquelle s’engouffre le vent). Concrètement, le danseur et sa partenaire se tiennent par les bras, penchés vers l’arrière, retenus l’un par l’autre par le biais du contrepoids qu’ils s’accordent l’un à l’autre.

C’est une figure à la base plutôt statique mais qui peut donner lieu à un principe dynamique d’énergie emmagazinée justement pour « créer du mouvement ».

Rq: dans l’absolu, le contrepoids en tant que suspension peut aussi exister quand le danseur et la danseuse sont en appui en avant l’un sur l’autre, l’un vers l’autre, en pyramide donc.

Mais … ce type de contrepoids existait déjà largement dans le tango traditionnel, en particulier milonguero

c – LES VOLCADAS, littéralement inclinées, renversées, a priori « inventées » (à ce que je sais) par les danseurs Sebastian Arce et Mariana Montes, ou encore Chicho

Une figure que le danseur fait faire à la danseuse, complètement penchée et inclinée vers lui la jambe libre passant devant et au large de la jambe d’appui, dans un grand arc de cercle venant en terminer en croisé devant la jambe d’appui ou en croisé loin derrière cette même jambe.

Nota, cette figure peut être faite des 2 côtés (c’est plus dur vers la droite), avec plus ou moins d’amplitude, plus ou moins de vitesse, plus ou moins d’angle ou de rotation également,

  • le plus souvent en rapproché ou milonguero,
  • plus rarement en ouvert ou fantasia (puisque la danseuse pèse souvent sur le danseur, voire les bras du danseur)
  • et peut s’amener de plein de manières différentes (pour les très bons danseurs)
  • ou également s’enchaîner de plein de manières différentes (pour les très bons danseurs itou).

Autre Nota: il existe des volcadas avant et également … arrière.

Et désormais également des volcadas compas, glissées, déplacées, déroulées…

d – LES SOLTADAS (littéralement lâchés (de bras donc), ce qui amène donc à des changements d’abrazos…)

soltada = le fait de lâcher ou changer l’abrazo (= avec au moins l’un des bras de la danseuse), et souvent de faire tourner la danseuse par rapport à soi (de manière souvent apparentée aux passes du rock et de la salsa)

Utilisé donc pour la matière chorégraghique, pour les démonstrations, la scène, ou en bal, par les adeptes parfois forcenés du tango de style nuevo (la musique ou l’expressivité de la danse en sortant rarement grandies)

Disons à mon sens qu’il y a les soltadas (ou lâchements de bras ou changements d’abrazos ou encore passements de bras)

  • de style et esprit tango (on le sent alors, çà reste bel et bien du tango)
  • et parfois sans style du tout (là, c’est plus vraiment du tango, souvent de l’esbrouffe quelque peu gratuite, ou parfois encore une recherche authentique qui se perd juste un peu en route avant de finir par trouver un peu plus tard le juste ton (ou un plus juste ton), le juste milieu (un plus juste milieu), le juste geste (un plus juste geste)…

e – également les NOUVEAUX GANCHOS (ou « ganchos nouvelle génération »?) notamment inventés et initiés par Norberto « Pupo » Esbrez

ben là, y’en a un paquet…!

et c’est fun et très agréable, voire sensuel, çà ouvre plein de voies nouvelles

par contre assez difficile à apprivoiser et réaliser correctement (= il faut du temps et surtout comprendre les principes)

y’en a même que j’appelle les GMQT (« Ganchos de la Mort Qui Tue ») 🙂 et 😉

Norberto a incontestablement ouvert une voie d’évolution très importante dans le domaine, thanks Norberto… 🙂

f – Egalement des NOUVELLES TOUPIES…
(qui accompagnent alors les COLGADAS ou PASSAGES EN COLGADAS…)

initiées semble-t-il par, entre autres, Sebastian Arce et Mariana Montes

avec des toupies amorcées

  • sur le passage en colgada sur le pas latéral de la danseuse dans le tour
  • sur le passage en colgada sur le pas croisé avant de la danseuse dans le tour
  • sur le passage en colgada sur le pas croisé arrière de la danseuse dans le tour

toutes pouvant être réalisées à la fois …

  • à la fois à gauche et à droite (pas à la portée de tout le monde çà ;-))
  • en appui sur un pied ou l’autre (idem)
  • ou alors en successions d’appui (toujours musical SVP) sur un pied puis l’autre

et j’ai a priori recensé (initié?) d’autres possibilités, avec par exemple …

  • changements de côté de la colgada de la danseuse pendant la toupie elle-même
  • ou encore changement de sens de rotation de la toupie pendant la toupie elle-même également (par le biais d’un changement de côté de la danseuse, conjugué à un changement d’appui du danseur qui inverse ainsi la rotation
  • des enchaînements de toupies sur un appui (de la danseuse), puis un autre, ou encore un suivant…
  • des combinaisons multiples enchaînées…

Dans cette Rubrique « Différents Lexiques du Tango« , on peut également voir ou lire