PARTIE « PERFECTIONNEMENT II »

                  (« LES TRES BONS DANSEURS »)


I – LES DEFAUTS DES BONS ET TRES BONS DANSEURS

(pour se remettre en question, lisser les défauts, continuer à évoluer, s’améliorer, se perfectionner, optimiser l’impression visuelle, authentifier sa démarche…)

actualisé dimanche 19 février 2006

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FAIRE DE LA … GYMNASTIQUE

(cad des choses à tout prix acrobatiques, virtuoses ou techniques) et qui n’ont que peu à voir avec le tango ou même la danse, a fortiori souvent la musique (souvent secondaire, dans le meilleur des cas, parfois littéralement massacrée) (la danse étant pourtant art du mouvement, de l’esthétique, de l’impression visuelle…).

La musique (et la danse) est (sont) en effet souvent délaissée(s), pas toujours la partenaire (qui peut être ou rester (très) bien guidée), mais il manque quelque chose; voire même c’est ou cela devient carrément agaçant.
FAIRE … DU CIRQUE

(cad des choses à tout prix amusantes, grand spectacle (parfois pourtant bien sur la musique et même l’utilisant on ne peut mieux), mais qui n’ont de nouveau pas grand chose à voir avec le tango.

Moins catégorique que pour le côté gymnique, la musique (et la danse) est (sont) en effet souvent délaissée(s), pas toujours la partenaire (si elle reste bien guidée), mais il manque toujours quelque chose, voire même c’est carrément plus qu’agaçant à voir.
FAIRE … « LE CLOWN »

Un peu plus soft que le tango de cirque. Plus gentil et plus soft. Parce que souvent, cela reste à usage interne, pour s’amuser ou amuser la danseuse.

Si c’est ponctuel, çà va, et au contraire même, puisque s’amuser en dansant (même le tango) n’est absolument pas « hors-la-loi ».

C’est si çà devient plus systématique voire quasi permanent que cela devient vraiment gênant.

A savoir également doser donc.
FAIRE MEME DES … ARTS MARTIAUX

(cad des choses à tout prix acrobatiques ou « agressives », dans tous les sens, avec des ganchos, sacadas, boleos dans tous les sens, dans des positions extrêmes et pas très orthodoxes (surtout pour les danseuses), pas très esthétiques, des jambes dans tous les sens, des figures ou enchaînements dans lesquels la danseuse est surtout prise pour une poupée … de chiffon, une libellule (avec des grandes jambes et des grands pas pour pouvoir balancer des ganchos dedans) qu’on balance dans tous les sens, en somme est prise pour du matériel d’essai, d’expérimentation ou du démonstration.

(à propos de) « LA … JUSTESSE »

Entendons-nous, rechercher c’est bien, c’est très bien même, puisque c’est même quasiment l’essence du tango argentin,

rechercher à tout prix, sans rechercher à revenir en fin de compte à la « justesse », c’est moins bien, en tout cas, c’ets très souvent moins bien.

« Le mieux (ou le meilleur) étant classiquement connu comme l’ennemi du bien ». Question de dosage donc, même si c’est justement ce dosage qui est parfois délicat à trouver, déterminer. Mais c’est ce qui différencie le bon ou très bon danseur du grand danseur à vrai dire, c’est donc là où se situe le challenge, éminemmement stimulant donc.

Car « où est le politiquement correct, le tangotiquement correct? » On ne peut empêcher la nouveauté et le progrès, la recherche. Et si on le fait, on met à côté de la plaque.

Essayer d’être et de rester authentique, de mieux aimer le tango, de faire des recherches, de réfléchir sur ce que représente le tango argentin, en termes de danse, d’art, de moyen d’expression, par rapport à ses capacités mais aussi par rapport à ses limites, par rapport à son histoire, son présent ou son devenir, par rapport aux autres ou à soi-même, peut être un début de réponse.

Ainsi si la position est esthétique, recherchée, met en valeur, si l’impression visuelle reste agréable et esthétique, ou même impressionnante (l’une des visées recherchées), si cela continue à exprimer quelque chose, ou à rentrer dans le cadre d’une expression artistique, sensible ou d’une émotion palpable (ou même impalpable mais réelle), si cela sert la danse (et non si … l’on se sert de la danse), çà reste du tango, sinon, c’est effectivement vraisemblablement de la gym, du cirque, des clowneries, voire donc des arts martiaux, en tout cas ce n’est plus guère du tango ou même de la danse (qui doit quand même ressembler à quelque chose qui s’apparente à quelque chose de beau, émotionnellement ou esthétiquement, quelque chose qui s’apparente encore à de … l’art du mouvement).

MAIS ENCORE ?

« RECITER LE CATALOGUE »

Pour faire des figures, des figures, encore des figures…!!!

Souvent, on prend toute la place (certains danseurs occupant la place de 4 couples, allant devant, derrière, et occupant au moins 2 lignes de danse), on rentre dans tout le monde, on n’exprime rien, on n’écoute pas la musique, çà ressemble rarement à de la danse.

On lève la tête, vers la gauche pour se rappeler, vers la droite pour imaginer (gestuologie, ou Palo Alto), on se raidit, on se déconnecte de la danse et de la danseuse, de soi-même également en tant qu’être dansant, on danse comme une locomotive (à toute berzingue), et on n’est plus qu’un catalogue dansant, qui fonce, qui fonce, mais vraisemblablement pas dans la bonne direction.

Ce qui est bien dommage. Puisqu’un catalogue dansant, ce n’est pas vraiment expressif. Non?
DANSER LES JAMBES ECARTEES

Hum!!

C’est pas beau, c’est pas élégant, c’est pas esthétique, relativement peu fonctionnel (pour l’équilibre), c’est pas cowboy non plus.

Chacun son style, mais bon…!

C’est pourtant un peu du B A BA dont on parle.
L’une des premières choses qu’un prof vous enseigne (ou devrait vous enseigner), pour garder l’équilibre, l’axe, un minimum d’allure, c’est justement de ne pas rester (ou danser) les jambes écartées…

Le B A BA (de Ds As?) en somme.
DANSER INDEPENDAMMENT DE LA MUSIQUE

La créativité a sans doute des limites. La musique n’est pas qu’un support à la danse, sinon on met … un métronome et on y va.

Quand on voit certains « péter » un gancho, faire de la gymnastique ou taper du pied par terre sur un délice, sur un nectar de valse, il y a de quoi se poser des questions sur leur bonne écoute de la musique ou d’eux-mêmes, sur la qualité de leurs émotions, sur la santé de leurs oreilles, ou encore sur le bon partage des archétypes sensibles à l’échelle humaine.

De même, on ne doit pas (à mon sens) se contenter de danser sur la musique, sur le ryhtme, sur les notes, mais aussi essayer de danser sur la mélodie et sur l’âme de la musique (qui interroge sa propre âme bien entendu), s’en imprégner, l’exprimer, l’interpréter.

Pour ressentir et exprimer et pas seulement traduire (ce qui est souvent calculé).

Ne pas se contenter d’être sur la musique, mais être dedans, être dans la musique, la ressentir, et pour certains, l’écouter, littéralement et viscéralement la vivre.

Le vocabulaire chorégraphique suivra, et même s’enrichira (sic) considérablement de cette écoute active.
Beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire.

Sinon, j’y reviens, autant … mettre un métronome.

DANSER LA MILONGA OU LA VALSE COMME ON DANSE … LE TANGO

Cà également, je l’ai vu faire à certains pendant des années.

S’il n’y a pas de raison fondamentale que la manière de danser tango, valse soient totalement différentes, il y a quand même quelques différences pas totalement mineures entre ces 3 styles de musique.

Basiquement, le tango c’est du 4 temps et plutôt lent et nostalgique voire triste, la milonga, c’est du 2 temps, plutôt gai et pimpant, plus rapide (on va donc faire des pas légèrement plus petits et plus simples parce que plus rapides justement), la valse c’est du 3 temps, plutôt tournant, entraînant ou doux.
DANSER INDEPENDAMMENT … DE LA DANSEUSE

Danser seul, pour soi, pour faire des figures, réciter le catalogue.

Prendre sa danseuse pour une libellule, une poupée de chiffon qu’on balance (ou tronçonne, j’ai déjà vu çà!, c’est spectaculaire!) dans tous les sens, ou bien sûr comme un matos de démonstration.

En tout cas, la prendre pour un simple faire-valoir technique, ce qu’elle n’apprécie en général guère. Même si certaines aiment sans doute faire l’objet de toutes ces attentions (j’ai déjà aussi vu çà (sourire!)).
DANSER INDEPENDAMMENT DE … LA FEMME, INDEPENDAMMENT … DU FAIT QU’ON A UNE FEMME DANS SES BRAS

ne pas la laisser s’exprimer (avec sa féminité), « oublier » de penser à la mettre en valeur.

Moi personnellement, j’aimais bien, y compris quand je débutais, quand on me disait des choses du style « vous dansez (divinement, parfois) bien ensemble », « elle est belle quand elle danse avec toi », elle adore danser avec toi », des « petites » choses pas si petites, qui indiquent simplement que quelque chose se passait (et passait) au niveau de la danse.

D’autres questions ou commentaires? (sourire)
DANSER « POUR LA GALERIE »

C’est à dire danser pour être regardé.

Certains regardent même … si on les regarde!

Même si on sort danser pour voir du monde, où est la sincérité, l’authenticité dans tout çà?

Alors qu’on danse d’abord pour soi, pour et avec la partenaire.

Me semble-t-il.
DANSER COMME SI ON ETAIT SEUL SUR PISTE, BOUSCULER ET … NE PAS S’EXCUSER, PARFOIS NE MEME PAS REGARDER

Pas de commentaires.

Sinon quand même, que certains élèves de certains cours avaient cette habitude naguère, qui était d’ailleurs aussi celle … de leurs professeurs.

Et que certains argentins (pas les meilleurs) font la même chose. Considérant que le tango (donc la piste) leur appartient?

Espérons et gageons que cela s’est quand même un peu amélioré depuis, et que cela va continuer à s’améliorer.
Ne serait-ce que parce qu’on est en France?
TROP REGARDER PAR TERRE, REGARDER SES PIEDS

Là, tout le monde est concerné (moi le premier (sourire)), et c’est d’autant plus visible et d’autant moins esthétique visuellement qu’on est grand, et … que la danseuse ou partenaire est comparativement petite.

Là, il s’agit simplement d’essayer d’y penser, de corriger ce travers relativement facilement gommable, de plus baisser les yeux que la tête, de manière à ce que la silhouette reste visuellement ou esthétiquement « regardable ».

Tout en sachant qu’il est quasi incontournable, surtout quand çà se complique, de regarder au moins les pieds de la danseuse (ne serait-ce que pour éviter de casser du petit bois (sourire), en cas d’imprévu ou de faux pas, de changement de pied rapide et quasi indiscernable de la danseuse (ou encore au cas où celle-ci raccourcisse ou allonge de manière imprévue son pas) …

« NE PAS SAVOIR » DANSER MILONGUERO

Personnellement, j’ai vu des très bons danseurs (fantasia) ne pas savoir danser milonguero pendant des années. Ils sont à mon avis passés à côté de pas mal de choses (le tango y compris et surtout) pendant toutes ces années…

Alors que le milonguero, c’est une des formes du tango, plus rapprochée. Qui fait partie du registre nécessaire du danseur.

Le milonguero est important en général, et formateur en particulier. Puisqu’on danse milonguero en concédant à l’autre une partie de son équilibre, en partageant un axe commun qui est différent de l’axe qu’auraient indépendamment l’un ou l’autre danseur, puisqu’on danse milonguero ou fantasia en fonction de la musique, de l’espace, de sa forme du moment, de son groove, du niveau de la danseuse…

Aussi parce qu’il permet d’exprimer un sentiment intérieur également plus qu’un aspect spectaculaire extérieur, et parce qu’il permet de danser sur certaines musiques qu’on aurait peu de plaisir à danser si on ne les dansait pas milonguero.

Parce que le milonguero permet aussi de se reposer quand on a moins la pêche.

Et enfin, parce qu’on danse milonguero aussi en spectacle.

(attention, j’ai dit en spectacle (qui dure 1 heure, 1 heure et demi), parce que c’est effectivement nettement moins souvent le cas en démonstration, où l’on fait 2, 3 danses, où on essaie de « faire péter la quintessence », de « se faire mousser à donf' », de montret le plus démonstratif (forcément),

sauf … dans les débuts de morceaux, ou dans les milongas par exemple).
NE PAS SAVOIR ALTERNER OUVERT ET FERME, FANTASIA ET MILONGUERO

Danser longtemps fantasia, milonguero, alors que la musique respire, dans une soirée, et même dans un seul et même morceau.

… autant les morceaux plus modernes, plus chorégraphiques, offrent des variations, respirations qui permettent de commencer milonguero…

… puis d’ouvrir, de respirer en reprenant la danseuse dans ses bras, avant d’ouvrir de nouveau, pour finir en général (en apothéose?) sur l’accélérations du final.

Au final, écouter la musique, et ouvrir ou fermer en fonction de ce qu’on ressent semble être, pour commencer, une préconisation non déraisonnable.

Attention cependant à ne pas … réveiller sa danseuse quand on passe du milonguero au fantasia (sourire). Elle était parfois vraiment bien dans vos bras, et aurait rester préféré ainsi.
« BOURRINER » TOUT LE TEMPS, DANSER COMME UNE LOCOMOTIVE…

sans savoir s’arrêter, sans respirer (ce alors que la musique respire) …

Une locomotive va vite, mais si elle va tout le temps vite, on ne remarque plus sa vitesse. Et bien, c’est … quasiment pareil pour un danseur.

C’est le travers possible de tout danseur, quel qu’il soit, quand il est en forme techniquement et qu’il enchaîne tout ce qu’il veut.

Mais, il faut avoir conscience et garder à l’esprit, même dans ces moments, qu’enchaîner les figures, les enchaînements, sans respirer, sans alterner (temps forts, temps faibles), sans insérer des marches, arrêts, suspensions (qui font les grands danseurs), ne permet pas (ou peu ou même pas du tout) à la danse (et à la danseuse?) de respirer. L’état de grâce (technique et feeling en même temps), à la fois pour le danseur et ressenti par la danseuse, ne dure en général pas plus longtemps que quelques minutes. Et quel que soit la qualité technique de la danse à ce moment-là, et même du guidage, la danseuse pourra avoir l’impression d’être brinquebalée de-ci, de-là.

Le plus et le mieux deviennent alors nettement l’ennemi du bien et du beau.
Le beau qui n’a plus d’élément de variation ou de comparaison possible, puisqu’il n’est comparé et enchaîné qu’avec lui-même, il perd alors de sa valeur, ainsi que de sa belle valeur, celle de la rareté.

Ce alors que le beau (sauf s’il est absolu) ne prend justement sa valeur que par comparaison avec le banal, le normal voire même le laid,

comme le vite avec le lent, le bien avec le mal, ou encore le yin avec le yang…
En somme, les éternelles oppositions universelles.

CONCERNANT LES DANSEUSES

Les travers et les lacunes souvent présentes chez les jeunes (ou moins jeunes) danseuses, sont quasiment toujours les mêmes.

Soit elles ne maîtrisent pas encore vraiment les bases et fondamentaux (abrazo incertain, flottant, les bras durs ou au contraire non tenus, pertes d’équilibre, d’axe, milonguero lourd pour le danseur, huits « passant au large », ne savent pas encore tourner régulièrement…)

Ou alors, niveau a priori au-dessus, elles ont appris la grande technique (cours fantasia, cours avec Chicho, grandes figures), mais pas la petite technique, le milonguero (pour danser sur le tango traditionnel) manquent encore souvent de finesse, de subtilité, d’émotion, de sensibilité, et maîtrisent encore mal les subtilités, variations, changements de rythme, de direction (dans le milonguero et dans le fantasia).

Ou encore font des fioritures dans tous les sens tout en gênant le danseur.

Encore pas totalement complètement formées (au sens où je l’entends, qui permet de tout faire, dans tous les registres), ce sont donc très souvent des potentiels (réels) à finir de développer et d’affiner donc.

SINON ET PAR AILLEURS, COMMENCER A …

… DONNER DES COURS QUAND ON DEVRAIT CONTINUER A EN PRENDRE (aïe, ouille) (ET DONC ENCORE A APPRENDRE)

Ces jeunes « profs » (on n’emploiera logiquement pas le terme professeurs)

qui, dans leur ignorance (fatuité ou prétention), ont commencé à donner des cours, alors qu’ils auraient mieux fait de continuer à en prendre (avec des bons profs s’entend).

Parce que les défauts pris ne se résorbent pas si facilement, parce qu’on ne peut prétendre enseigner le tango danse (et le tango musique qui va avec) au bout d’un an, un an et demi, voire même 2 ou 3 ans.
Me semble-t-il. et dans l’idéal s’entend.

Et j’en ai même vu un commencer à donner des cours au bout de 3 mois!!!

A cet « âge-tango-là » (je parle de 2-3 ans de tango), la formation n’est logiquement pas terminée. Il n’y a pas suffisamment de recul, de réflexion, et la philosophie d’une discipline et d’un art qui s’apparentent tout de même à un art martial dans le sens le plus noble du terme n’est certainement pas arrivée à maturité.

Ne serait-ce qu’au niveau de la musique, le danseur de cet âge tango là n’est souvent absolument pas formé, ou de manière extrêmement partielle, limitée ou même succincte.

En tout cas, sa formation est loin d’être terminée, suffisamment achevée pour prétendre commencer à enseigner (à mon sens en tout cas (sourire)).

Même s’ils sont parfois effectivement meilleurs voire bien meilleurs (ou moins mauvais, mais autant essayer de niveler par le haut plutôt que par le bas) que certains « professeurs » sévissant déjà sur « le marché local ».

D’UN AUTRE COTE (on the other hand)

D’un autre côté, ils se débrouillent déjà bien, on leur demande de donner des cours, ils ont la fougue de la jeunesse, ayant envie d’enseigner en même temps que d’apprendre.

D’un autre côté encore, ce qui est sans doute en partie vrai (pour certains), ils n’apprenaient plus rien en cours, que les grands maîtres sont en Argentine, que « pourquoi payer des cours quand on peut continuer à apprendre ou travailler seul? »,

qu’à un moment, on apprend, on comprend, et qu’après on cherche et développe par soi-même (imiter et copier avant de créer), qu’on finit d’apprendre et qu’on continue ou finit de chercher justement en enseignant (ce qui est en partie vrai).

Et notons également que le niveau tant des élèves que des danseurs ou professeurs a bien monté depuis quelques années.

Tout çà est aussi vrai. Et je suis le premier à le constater et donc à le dire.

Mais il y a quelques limites (à l’ignorance et au manque d’humilité) qui ont à l’occasion été dépassées. Il faut savoir où sont ses limites, celles des autres, et s’interroger sur ce qu’on sait et … ce qu’on ne sait pas.

Le bon danseur commence en effet à devenir un bon danseur, le jour où il ne regarde plus « nombriliquement » ce qu’il fait, mais où il regarde ce qu’il … ne fait ou sait pas, et où il regarde le chemin qu’il reste à faire et parcourir vers une perfection qu’il n’atteindra de toute manière pas.

A priori bonne leçon d’humilité.

Parce que suffisance rime bien souvent avec … insuffisance.

A méditer en tout cas? Pour ceux qui ont une certaine forme de sincérité et d’authenticité dans la démarche par rapport au tango, certainement!

Pour les autres, ils finiront peut-être d’apprendre après (sourire).
ET ILS VONT APPRENDRE QUOI A LEURS ELEVES?

A priori déjà pour commencer leurs … lacunes, des bases imparfaites, non maîtrisées, insuffisamment réfléchies et synthétisées, et bien sûr des … figures ou enchaînements plus commercialement vendeurs

des bases imparfaites

avec des équilibres, axes, abrazos i ncertains, des bras tendus ou qui ne sont pas tenus (pour les danseuses), transferts de poids du corps insuffisants, des techniques de huits et de tours plus que suspectes, un milonguero style bricolé, une musicalité souvent sommaire (il ne suffit pas de dire « écoutez la musique »…).

POST SCRIPTUM

Que l’on ne se trompe toutefois pas à la lecture de ce qui précède.

Je parlais effectivement des défauts des bons danseurs, qui sont d’abord et avant tout des bons danseurs, voire donc des … très bons danseurs, voire même parmi les « meilleurs » danseurs.

Mais dans l’idéal (je parle toujours dans l’idéal et je place (logiquement) l’idéal assez haut), qui ne sont pas toujours (à mon sens) des danseurs … de tango argentin.

Ne sachant pas toujours (et ne s’interrogeant même pas) sur ce qu’est l’essence véritable du tango argentin.

Souvent, les argentins (sauf ceux ayant appris ou fini de l’apprendre à Paris?), logiquement, ayant respiré le tango depuis tout petits, savent où est la limite, et quand ils la dépassent ou quand ils restent à l’intérieur des clous.

Mais surtout ils connaissent ou sentent la danse, la musique, les codes et lois intimes et implicites de cet univers et tout ce qu’il signifie. Ils le connaissent et ils le respectent.

Le danger existe donc plutôt pour nous les français ou danseurs de France ou d’Europe, de dénaturer le tango argentin.

Même si le tango, pour vivre et survivre, est effectivement destiné à évoluer, à intégrer d’autres apports ou créativités, dans une espèce de fusion permanente.

COMMENT L’EVITER?

Aimer le tango (la moindre des choses), se cultiver, l’étudier, le cultiver, le comprendre, l’apprendre auprès des maîtres, grands maîtres et même parfois petits maîtres ou artisans (sic) parfois dépositaires d’un unique savoir mais le maîtrisant ou l’enseignant, le transmettant à merveille,

ne pas les quitter trop tôt (ce qui est rarement un bon présage pour la suite), parce que les plus grands danseurs restent « apprenant », continuent à prendre la leçon … des maîtres, de ceux qui savent et transmettent parfois depuis des générations. Un tango authentique, ou un des tangos qui peuvent être authentiques.

Mais restons positifs, ces bons danseurs restent des bons et même très bons danseurs, et comptons donc sur eux pour continuer à faire monter le niveau du tango argentin à Paris, et ainsi jouer à terme pleinement leur rôle de locomotive.

Mais pas seulement … techniquement;

sinon on met tant techniquement que sensiblement (c’est le cas de le dire) totalement à côté de la plaque.

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EN BREF, LE SOMMAIRE DE TOUTE CETTE PARTIE PERFECTIONNEMENT